Vendredi 31 août 2007

 


Quand on débute dans le professorat, il est fondamental de prendre conscience que la simple disposition de la classe peut commander le succès ou l’échec d’une séance. Voici donc une petite typologie des différentes dispositions de la classe qu’un prof peut utiliser suivant son objectif.
 

La disposition que j’appellerai « classique » est LA CLASSE EN RANGS. Elle organise comme chacun sait les élèves en lignes bien parallèles devant le bureau du professeur. Cette figure se révèle tout à fait adéquate pour les cours magistraux où les élèves doivent conserver le silence, écouter le professeur et transcrire son discours sur le papier. En revanche, lorsqu’il s’agit de faire un cours de langue, c’est catastrophique !

 
On imagine mal en effet à quoi ressemblerait une interaction entre un élève du premier rang qui devrait se tourner complètement afin de s’adresser à un élève du fond de la classe par-dessus plusieurs rangées de personnes, qui elles-mêmes devraient avoir chacune son interlocuteur ! Bien entendu, je pars du présupposé que les élèves doivent se parler entre eux au sein d’un cours de langue. Donc, pour un groupe de discussion d’une dizaine de personnes, on disposera bien entendu LA CLASSE EN CERCLE. Ainsi, chaque apprenant se trouvera en face-à-face avec tous les autres, y compris le prof, ce qui favorise la discussion puisque le pré-requis nécessaire pour parler à quelqu’un, c’est évidemment d’être en face de lui !
 

Pour les groupes plus nombreux, vous avez deux solutions. Première solution : LA CLASSE EN PLUSIEURS PETITS CERCLES. Vous les faites travailler en groupe, par petits cercles, pour faciliter la discussion. L’avantage est que vous créez des conditions presque identiques à celles existant avec un seul petit groupe. Le problème, c’est que s’ils ne sont pas assez motivés pour parler français de manière autonome, ils vont discuter dans leurs langues maternelles.
 

Deuxième solution : LA CLASSE EN U. Potentiellement, cette matrice favorise la parole autant que la disposition en cercle, mais sa supériorité réside dans le fait que le prof peut regarder dans les yeux chaque élève en tournant légèrement la tête. Ce qui suffit généralement pour qu’ils ne parlent pas autre chose que le français.

 
Bien entendu, vous pouvez utiliser ces dispositions alternativement pendant votre cours, suivant les activités effectuées, c’est l’idéal. Il est très important de les faire bouger parce que, soyons sincère, aucun être humain n’est fait pour rester une heure assis sur une chaise. Alors s’ils peuvent se lever et se déplacer, ça va aérer leurs esprits et ils seront plus performants ou en tout cas plus attentifs.
par Max Cofler publié dans : Conseils pédagogiques
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 24 août 2007


Ca c’est le plus drôle car la réponse est « Non ! ». Cette situation s’explique par le fait que certains de nos employeurs préfèrent prendre un Français sur place, même s’il n’a pas d’expérience de FLE, plutôt que de faire venir un prof expérimenté de France ou d’ailleurs. Ceci étant renforcé par un préjugé qui a la vie dure voulant que pour être prof de français, il suffit juste d’être Français ! Ce qui est loin d’être évident. Je cite un commentaire de Plume pris sur un forum d’Edufle :
 

« Je donne des cours de français à des demandeurs d’asile : ce métier me passionne j’ai différents groupes de niveaux et j’organise les cours comme bon me semble. J’ai réussi à décrocher ce CDI il y a 4 ans sans maîtrise fle sans même avoir à écrire une lettre de motivation... !! C’est vraiment une chance il me semble, car j’en connais beaucoup qui galère (malgré le fait d’être diplômés !!!!)
 
Moi, j’ai commencé bénévolement (comme quoi, le bénévolat mène à tout !! ) : 4 heures par semaine puis en CES : 20 h dont 7 de préparation de cours et 13 h de cours effectifs. Puis le CDI pour une association qui gère un CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile) je fais actuellement 10 h 30 par semaine j’espère pouvoir passer à 17h30 d’ici quelques mois.
 
J’ai au départ une licence en droit (et un niveau maîtrise de droit) et je suis passionnée par les autres cultures et les langues étrangères. ... j’ai bien essayé de m’inscrire en fle mais ... pfff !!! Trop (beaucoup trop !!!) théorique à mon goût pour une personne qui débute et qui a besoin d’expérimenter un savoir-faire concret !!
 
Bref, j’ai tenu quelques mois et j’ai abandonné je regrette pas : mon énergie est ailleurs pour l’instant. Je m’y remettrai peut-être dans l’avenir si j’en ai un réel besoin... »

Moralité : l'essentiel en FLE n'est pas tant le diplôme que d'être là au bon moment au bon endroit.



Sur le même thème, je vous renvoie aux billets de la rubrique :
FLE ? Questions fréquentes (deuxième encadré en haut à droite sur cette page).
 
Ainsi, sur le thème de la formation en FLE, vous pouvez lire :
Comment devenir prof de FLE ?
 
Sur le FLE en France :
Puis-je enseigner le FLE en France ?

 
Deux articles sur la désormais célèbre « Affaire du Rhône » :
 
Sur le FLE à l’étranger :
Quels contrats pour les FLE à l’étranger ?
Enfin, pour avoir d’autres points de vue que le mien, vous pouvez consulter la page de fle.fr consacrée à la formation en FLE :
La formation à l'enseignement du français langue étrangère





 
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Jeudi 23 août 2007


C’est assez difficile car le FLE bénéficie d’une absence de reconnaissance assez remarquable de la part de l’éducation nationale. C’est bien connu, lorsqu’un prof de FLE décline sa profession, on lui répond toujours « Prof de quoi ? ». Toute personne raisonnable vous dira qu’il faut mettre en place un Capes de FLE car les besoins sont réels. De nombreux étrangers viennent s’installer en France et réclament des cours de FLE, particulièrement pour leurs enfants. Or, jusqu’à présent, ces cours ont toujours été pris en charge par des profs de français classique. Autant dire que le premier cours est consacré à l’accord du participe passé avec avoir alors que les élèves ne savent même pas dire bonjour. Voici le témoignage paru sur Edufle de Virginie, prof d’histoire-géo qui rencontre le problème :
 

« Bonjour, Je suis actuellement professeur d’histoire-géographie, et je m’intéresse au FLE pour une raison très précise : beaucoup des parents de mes élèves, et notamment les mamans, ne maîtrisent pas bien le français. Ils ne peuvent donc pas les aider à l’école, et bien souvent n’y mettent jamais les pieds, ne se présentent jamais aux réunions parents / professeurs... J’envisage donc de faire du bénévolat pour donner des cours aux migrants. Pouvez-vous me conseiller une formation (courte si possible, je travaille à plein temps !) qui me donne les bases de la didactique du FLE, et qui soit adaptée à ce public spécifique ? De +, si ça se passe bien, savez-vous si l’éducation nationale peut me détacher quelques heures par semaine dans une asso ou une collectivité territoriale ? Merci ! »
 

On voit ici le problème du FLE en France dans toute sa splendeur. Virginie souhaite donner des cours bénévolement ainsi que suivre une formation en FLE « courte si possible » parce qu’elle « travaille à plein temps ! ». Bien que je sache pertinemment que telle n’est pas son intention, il est difficile pour les profs de FLE de ne pas prendre ce genre de déclaration comme une grande marque de mépris. Car cela semble suggérer qu’il existerait des disciplines nobles comme l’histoire nécessitant au moins une licence, et le plus souvent une maîtrise, ainsi qu’un capes ou une agrégation pour pouvoir être enseignées. Et à côté, il existerait des sous-disciplines comme le FLE qui pourraient tout à fait se satisfaire d’une formation « courte » et du bénévolat.
 

Mais que dirait Virginie si, en arrivant un beau matin dans son établissement, elle me trouvait dans sa classe d’histoire-géo et que je lui dise : « Ah ? On t’a pas prévenue ? En fait, j’ai suivi une formation courte pour être prof d’histoire-géo. Maintenant, je suis prêt et je te remplace, et ce à titre bénévole. Donc c’est bon, on n’a plus besoin de toi. Je suppose que tu es contente, parce que maintenant que tu n’es plus à plein temps, tu vas pouvoir te lancer à corps perdu dans une formation de FLE aussi longue que tu le souhaiteras. Plutôt cool non ? » Sans doute qu’elle serait un peu énervée, eh bien, nous aussi, on est un peu énervés quand on voit des gens faire notre boulot sans formation et bénévolement. Mais le pire dans l’histoire, c’est que je ne peux même pas lui en vouloir parce qu’elle ne fait qu’un geste humain que je ferais sans doute moi-même si j'étais dans sa situation.
 

J’ai une autre anecdote, il se trouve que j’ai fait un stage dans une association ayant pour particularité de rassembler exclusivement des profs à la retraite. Eh bien figurez-vous que ces profs donnaient des cours de FLE parce qu’ils s’ennuyaient à la maison ! Je l’invente pas. Et encore, dans les cas que je cite ici, les gens ont au moins le bon goût d’être profs, parce que vous avez des structures où les bénévoles ne le sont même pas.
 

Donc voilà, en France, le FLE est ou bien un geste humanitaire prodigué bénévolement et par bonté d’âme ou bien un passe temps de retraités en mal d’activités. Comment voulez-vous que les profs de FLE sortent vainqueurs d’une concurrence que même les Chinois ne pourraient pas affronter, parce que même les Chinois travaillent pour un salaire, fût-il de misère !
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 22 août 2007


Avant même de se demander « Comment devenir prof de FLE ? », il faut sérieusement se poser la question « Pourquoi diable être prof de FLE ? »
 
 
 
POURQUOI DIABLE ETRE PROF DE FLE ?
 
Principalement pour mêler le plaisir du voyage à l’utilité d’un emploi, le premier primant sur le second. Il est si agréable de voyager qu’on accepte d’être payé avec des queues de cerises, du moins entre 20 et 30 ans, parce qu’après, on n’en est un peu fatigué de la précarité et on s’en retourne en France pour passer un capes la plupart du temps. A moins bien entendu d’être tombé sur un emploi a peu près convenable. Certaines légendes urbaines rapportent effectivement que des profs de FLE auraient trouvé un emploi stable. Pour ma part, je n’en ai pas encore rencontré.
 
 
 
COMMENT DEVENIR PROF DE FLE ?
 
Il faut suivre une formation FLE qui ne commence véritablement qu’en master, soit à partir de bac plus 4 et d’une durée de 2 ans. Certaines filières, comme les Lettres et les Langues étrangères, proposent une option FLE en licence. En revanche, l’arrivée en Master FLE ne se fait pas automatiquement. Il faut constituer un dossier et passer un entretien pour être accepté. Vous pouvez effectuer des validations d’acquis si vos études d’origine n’ont rien avoir avec le FLE. Enfin, notez que vous pouvez obtenir votre diplôme par correspondance avec le CNED.
 
Dernier point, levons une petite ambiguïté : les cours dispensés dans le cadre d’un master FLE ne vise pas tant à former des profs qu’à former des formateurs de profs. Saisissez-vous la différence ? Les profs des masters étant des didacticiens, ils enseignent évidemment la didactique. Ils forment donc non des profs mais des didacticiens qui vont former des profs, c’est-à-dire des gens qui, en théorie, doivent prendre leurs relèves à l’université et ainsi devenir formateur de formateurs de profs !
 
 
 
EST-IL POSSIBLE D’INTEGRER LE MASTER FLE SANS AVOIR FAIT LETTRE ?
 
Oui. Même si le gros des troupes vient des lettres et des langues étrangères, il est possible, via une validation d'acquis, de rentrer en master fle si on n'a pas suivi ce genre de filière. Il faut donc constituer un dossier et être particulièrement convaincant sur sa motivation lors de l'entretien. Toutefois, tout cela dépend des universités. J’ai malheureusement l’impression qu’il n’existe aucune norme en la matière.
 
 
 
COMMENT DEVENIR PROF DE FRANÇAIS DANS UN PAYS EN PARTICULIER ?
 
Une amie à moitié Espagnole était dans ce cas. Elle désirait vivre en Espagne tout en étant prof de français. Elle a trouvé la solution : passer un concours pour être prof de français en Espagne. Se faire embaucher par des établissements scolaires du pays visé est effectivement le plus sûr moyen d’y rester. Mais ce n’est pas toujours évident car, malgré les réformes LMD, c’est-à-dire la réforme de l’université visant à harmoniser les diplômes européens, il faut encore passer des diplômes locaux si on veut s’intégrer au pays durablement.
 
 
 
Où TROUVER LES OFFRES D’EMPLOI ?
 
Voici les principaux sites Internet où des petites annonces sont publiées régulièrement :
 
 
 
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 21 août 2007


En parcourant le net, je me suis aperçu qu’énormément de monde s’intéresse au FLE et souhaiterais des informations précises à ce sujet. Je vais donc essayer de faire une série sur les questions les plus fréquentes pour apporter les réponses adéquates et surtout pour mettre les points sur les i face à certaines naïvetés bien compréhensibles quand on ne connaît pas le milieu. Je me permettrai de citer des commentaires parus sur des forums pour être le plus concret possible et pour montrer que je ne suis pas le seul à dire ce que je dis. Commençons donc par la seule question qui importe :
 


QUELLES SONT LES PERSPECTIVES D’EMPLOI DANS LE FLE ?
 
Certaines phrases provoquent d’étranges effets sur les individus. Par exemple, si vous lancez cette question au visage d’un prof de FLE, vous verrez soudain s’y former un rictus amère qui se transformera bientôt en rire nerveux et qui s’achèvera par de lourds sanglots. Car la vérité toute nue et sans fard est qu’IL N’Y A PRESQUE PAS DE PERSPECTIVES ! Si l’on entend bien entendu par « perspective » un emploi stable et rémunéré convenablement, parce que si vous entendez par « perspective » une série de stages sans lendemain peu ou pas payés du tout avec le billet d’avion à votre charge (ce dernier point n’est malheureusement pas une plaisanterie), alors là oui, il y a beaucoup de « perspectives » ! Je voudrais ici citer comme exemple le témoignage de Claire Davy en poste à Barcelone que j’ai trouvé sur le forum d’Edufle :
 
« Sur place, nous sommes sous contrat local et le seul critère valable d’ « avancement », est le copinage avec les personnes installées depuis des années et qui ont créé leur petit monde dans lequel il est très difficile d’entrer si on est intègre. La compétence, l’expérience et le diplôme sont loin d’être des critères déterminants.
 Et en France, on ne nous connaît  même pas ! Nous (les profs) ne sommes rattachés a aucun ministère, même si notre institution l’est, aux Affaires Etrangères. Ce qui signifie que nous n’avons aucun recours quand nous voulons nous plaindre de situations qui sont parfois proches de l’exploitation.(je parle du salaire, des conditions de travail, de l’absence de reconnaissance, de l’extrême difficulté a nous exprimer quand quelque chose ne va pas etc...)
 Bref, la précarité est le lot quotidien des profs de Fle et cela m’exaspère quand, lors des sommets de la francophonie, nos dirigeants (de tous bords) parlent de l’importance de la présence culturelle française à l’étranger, et sont complètement indifférents aux conditions de travail des acteurs de cette présence que nous sommes. »

 
On l’aura compris, le principal atout d’un prof de FLE sera son optimisme.
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 19 août 2007


Il est fascinant de constater que la mnémotechnie s’est perdue dans les sables du temps alors même que cet art se sous-entendait comme une nécessité vitale pour les Anciens. L’explication tient dans un trait de plume. Les Anciens prenaient la pose de l’orateur, nous avons celle de l’écrivain.

 
Rappelons qu’auparavant, écrire constituait un luxe rare tant le prix du mètre de papyrus était dispendieux. Cette donnée bassement matérielle impliquait certains comportements qui sont de nos jours inconnus. Par exemple, consulter un livre en bibliothèque signifiait non pas lire et prendre des notes, mais lire et mémoriser le contenu de l’ouvrage.

 
Encore une fois, n’oublions pas cette évidence : les bics quatre couleurs et le papier A4 n’ont pas toujours existé en abondance ! Le tournant a eu lieu avec Gutenberg (ce maudit !), qui, comme chacun sait, commit l’indélicatesse d’inventer l’imprimerie. Ce qui équivalut ni plus ni moins à une trépanation du genre humain, car avec la reproduction des textes à volonté, donc leurs proliférations, on n’éprouva plus le besoin de retenir leurs contenus à l’aide de notre mémoire.

 
Ainsi, aujourd’hui, quand nous voulons nous souvenir de quelque chose, notre premier réflexe est de nous saisir de notre plus beau stylo et de déverser des hectolitres d’encre sur une feuille double dûment quadrillée (et en respectant la marge !). Des notes de cours jusqu’à la liste de course en passant par les petits billets doux, tout est écrit.

 
Mais cette situation aboutit à un paradoxe confondant d’absurdité : si nous notons tout avec tant de soin, c’est pour ne rien oublier ; mais comme l’acte même d’écrire nous dispense de mémoriser l’information, nous ne nous souvenons de rien ! La gigantesque capacité de conservation de nos écrits (dont Internet est l’expression la plus grandiose) n’a d’égal que la médiocrité de notre mémoire.

 
Avez-vous lu un ouvrage pour préparer un examen ou un concours ? Vous avez certainement pris des notes, mais vous souvenez-vous de ces notes devant votre copie ? Ou tout simplement si un ami vous demande ce que vous avez compris de l’ouvrage ? Avez-vous lu un bon roman pendant les vacances ? Mais, quelques semaines plus tard, êtes-vous capable de dire autre chose que : « Je ne me souviens plus exactement de l’histoire, mais je me souviens que c’était bien ! » ?

 
Evidemment, à force de ne plus utiliser notre mémoire, elle a fini par s’atrophier et devenir aussi performante que celle d’un poisson rouge souffrant d’Alzheimer (je rappelle que cet animal par ailleurs fort sympathique dispose d’une mémoire vive de 30 secondes). Si vous faites partie de ma génération, c’est-à-dire celle de 80, j’ai une simple question pour vous : connaissez-vous vos tables de multiplication par cœur ? Si vous répondez par l’affirmative c’est que vous êtes un menteur, ou pire, un matheu ! La calculatrice a tué le calcul mental de la même manière que l’écriture tua la mnémotechnie. Dites-vous qu’à chaque fois que vous prenez votre plume, vous sacrifiez un peu de votre mémoire.

 
Certes, le chemin qui va à l’encontre de notre civilisation de l’écrit est ardu car personne n’interroge ces comportements qui nous semblent si « naturels », comme prendre des notes pendant un cours. Par ailleurs, retrouver une part du savoir des Anciens s’avère une entreprise difficile puisque appartenant à une civilisation de l’oral, ils n’ont par définition rien laissé par écrit (ou si peu) et ils ne nous lèguent qu’un silence plein de mystère.

 
Bon, je reviendrai dans un billet ultérieur sur les différentes mnémotechniques que j’ai pu retrouver et surtout sur leurs éventuelles utilisations dans l’enseignement. Mais là, bizarrement, j’en ai marre d’écrire. En attendant, je vous laisse les seules références que je connaisse sur le sujet (et vraisemblablement les seules qui existent !) :
 
Rhétorique à Herennius d’auteur inconnu
Cicéron, De oratore, livre II, 350-361 (seulement 2 pages sur le sujet !)
Quintilien, Institution oratoire
par Max Cofler publié dans : Didactique du fle
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 15 août 2007

 

Lorsqu’on est prof de fle, on voyage. Quand on voyage, on voit toujours de beaux paysages. Et quand on voit de beaux paysages, on a toujours son petit numérique avec soi pour prendre de jolies photos. Et, miracle de la technologie, il se trouve que ces appareils peuvent prendre également des vidéos. Il n’en fallait pas plus pour que j’utilise cela pour mes cours.
 

Je suis donc arrivé un beau matin en classe avec des produits de consommation courante : un tube d’Efferalgan, un tube de dentifrice, etc. Je leur demande de faire des groupes puis de choisir un des produits que je leur propose. Ils doivent ensuite en constituer le champ lexical.

 
Par exemple, pour le tube de dentifrice, ce sera : « brosse à dent, brosser les dents, salle de bain, tartre, dent, gencive, etc. ». Après cela, ils doivent écrire le scénario d’une pub ayant pour objectif de vendre le produit.

 
A ce stade, des regards interrogateurs autant qu’inquiets convergent vers moi car, commençant à me connaître, ils commencent aussi à se méfier de mes coups fourrés. J’adore surprendre mes élèves. Enfin je pense qu’eux diraient plutôt : « Il adore nous déstabiliser ! ». Question de point de vue sans doute. Toujours est-il qu’une fois le scénario bouclé, je les envoie sans pitié au tableau et j’immortalise leurs performances avec mon appareil.

 
Le résultat n’est évidemment pas à la hauteur de ce qu’on voit à la télé. Mais ça les amuse tout de même. Surtout quand la fois suivante je leur remets le CD où j’ai gravé leurs pubs. Je vous recommande vraiment ce genre de cours parce que d’abord ça les motive, et puis ils peuvent ainsi s’entendre parler en français, ce qui n’est évidemment pas si fréquent. A utiliser toutefois avec modération tant l’objectif d'une caméra peut stresser un élève.
par Max Cofler publié dans : Idées de cours
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 9 août 2007



L’autre jour, je dînais chez un bon copain. A la fin du repas il me dit : « Il faut que je te montre quelque chose sur Internet. C’est complètement hallucinant ! » Après avoir vu ce que j’ai vu, je reprends le terme d’ « hallucinant » tout en précisant qu’il faudrait également lui accoler les mots : « révoltant, dégueulasse » et surtout « inquiétant » !
 

Mais avant toute chose, vous avez besoin de deux informations. Première information : si vous l’ignoriez, sachez que bon nombre de profs de fle reviennent en France après simplement quelques années à l’étranger (voire moins) et passent les concours du capes pour être profs de français ou d’une langue étrangère. C’est effectivement l’issue logique et naturelle pour nous. L’objet de ce billet vous concernera donc peut-être.

 
Deuxième information : les élèves d’aujourd’hui font une utilisation pour le moins singulière des tice. Grâce à leurs saloperies de portables et de numériques, ils peuvent faire des vidéos de leurs cours. Vidéos prises bien entendu quand le prof est en extrême difficulté, voire tout simplement humilié. Et je vous prie de croire que le mot « humilié » n’est pas de trop. Ces vidéos sont publiées de manière tout à fait scandaleuse mais apparemment légale sur les sites comme Dailymotion et You Tube.

 
Je vous renvoie donc à deux vidéos, malheureusement parmi d’autres, tournées par vos éventuels futurs élèves pour que vous sachiez ce qui peut vous attendre. La première vidéo est « classique », des élèves pas forcément méchants tirent profit de la faiblesse d’une enseignante pour faire n’importe quoi. Quant à la prof, vous pourrez voir aux alentours de 2’50’’ le regard d’une personne complètement atterrée qui ne maîtrise plus rien.

 
Selon moi, son erreur est de ne pas occuper le terrain (cf. Comment assurer son autorité en classe ?). C’est très clair dans la vidéo, vous la voyez assise à sa table, il y a un grand espace vide devant elle et les élèves se sont placés tout au fond de la classe et sur les côtés, comme une meute de loup.

 
La deuxième vidéo est sans commentaire. La seule chose que je puis dire, c’est qu’il faut impérativement interdire tout usage du portable et du numérique en classe pour éviter ça.

 
Seul point rassurant, les commentaires des élèves à propos de ces vidéos sur les sites sont en général unanimes pour condamner ces pratiques. Mais c’est une consolation bien mince. Car globalement, ces vidéos ne donnent vraiment pas envie d’être prof en France.
par Max Cofler publié dans : TICE
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Samedi 4 août 2007


Il est très frappant de constater les nombreux vivats qui s’élèvent autour des blogs matérialisés tout d’abord par les blogs eux-mêmes, mais aussi par les nombreux articles publiés sur le sujet à travers le net. Toutefois, il est tout aussi frappant de remarquer que malgré toute la potentialité qu’offrent les blogs, ils ne connaissent en réalité que deux usages :
 

1/ raconter sa vie de prof de fle à l’étranger, donc faire souffler un vent d’exotisme parmi les malheureux qui sont restés broyer du noir dans la grisaille française.

2/ faire travailler les élèves autour d’un média fun et donc motivant

 
Le premier usage est plutôt réconfortant, tant cela fait plaisir de voir des profs de fle heureux et qui ont le temps (peut-être même le luxe ?) de tenir un blog sur leurs aventures. Cependant, j’aimerais attirer l’attention sur d’éventuelles conséquences malheureuses de ce genre de blog.

 
Imaginez un jeune étudiant qui a entendu vaguement parler du fle. Il va sur Internet pour chercher des informations et il tombe sur ce genre de site tout à fait charmant. Et là il se dit : « Génial ! Avec ça, je vais pouvoir aller à l’étranger tout en travaillant. C’est décidé, je m’inscris en master fle l’année prochaine ! »

 
Est-il utile de préciser le problème ? Ces blogs peuvent contribuer malgré eux à donner une image particulièrement biaisée de la situation globale des profs de fle. Tout d’abord parce que lorsqu’on écrit à la première personne, on donne à voir toujours le côté positif et on laisse glisser doucement le côté négatif dans le non-dit. C’est humain.

 
D’autre part, quand un prof de fle a la possibilité de tenir un blog régulièrement, cela donne un indice sérieux sur le contexte dans lequel il évolue (ordinateur, connexion Internet, etc.). Statistiquement, on se doute qu’il ne se trouve pas dans un coin paumé et qu’il dispose d’un relatif confort. Même si ce n’est pas systématique, on peut supposer que ces blogs sont tenus par une minorité de profs pas forcément représentatifs de la majorité.

 
Sur le deuxième usage, si l’idée de mobiliser les élèves autour d'un blog est certes très enthousiasmante, je n’ai toutefois jamais entendu un de mes collègues me dire : « Les apprenants ont rédigé un super article sur notre blog ! Tu devrais aller le voir. »

 
D'une manière générale, je m’étonne que les multiples articles concernant les profs high-tech ne fassent pas mention de la fracture numérique qui divise le monde d’aujourd’hui. Quels sont les établissements où chaque salle serait pourvue d’un ordinateur et d’une connexion Internet ?

 
De plus, lorsqu’on parle de blogs, on parle toujours de l’intérêt pédagogique pour les apprenants. Mais quid de l’intérêt pédagogique de l’enseignant ? Les blogs peuvent aussi servir d’outils de communication au sein de la communauté enseignante. Car face aux formations indigentes délivrées au sein des universités et des IUFM, les jeunes profs auraient bien besoin de l’expérience des plus anciens au travers des blogs.

 
Et en plus des problèmes d’ordre purement pédagogique, les profs de fle étant malheureusement la caricature bien réelle de la génération précaire, il serait également important de les prévenir contre tous les « coups foireux » qui peuvent exister chez nos chers employeurs. J’ai lu récemment un billet d’un prof expliquant qu’il avait été réduit à dormir dans sa salle de classe lorsqu’il se trouvait au Honduras !

 
Bref, nous devons tous (moi y compris) faire particulièrement attention à ce qu’une certaine désinformation involontaire ne se glisse pas dans nos billets, par ailleurs débordants de bonne foi :-)
par Max Cofler publié dans : TICE
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 2 août 2007

 

Carte-muette.jpg


Je vous propose une idée de cours ayant pour thème la géographie :


1/ Distribuez des cartes où les noms des pays sont remplacés par des numéros.

 

 
2/ Demandez aux élèves de trouver ou de faire des hypothèses sur le nom des pays et des habitants.
 

3/ Faites la correction. Cette partie du cours est souvent drôle car ils font des propositions qui semblent logiques mais qui se révèlent être erronées, du type : les habitants de la Bulgarie étant les Bulgares, peut-être que les habitants de la Suisse seront les Suissards !
 

4/ Jeu de la géographie amusante : écrivez une lettre au tableau et les élèves doivent trouver des noms de pays, de rivières, de montagnes, de fruits, d’animaux ou d’objets commençant par cette lettre. C’est évidemment le jeu du petit bac.

 
En général, ce cours marche plutôt bien. En plus, cela fait une bonne révision de vocabulaire sur des choses qu’on ne voit pas toujours forcément en classe. Par exemple, comment dit-on en français telle montagne (l’Himalaya) ou tel pays (la Slovaquie) ? Bien entendu, il faut bien penser aux catégories à choisir lors du jeu car il est parfois difficile pour eux de trouver, par exemple, des noms de rivières ou de fleuves en français s'ils n’ont jamais appris ça.


par Max Cofler publié dans : Idées de cours
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Août 2007
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Créer un Blog

blog de voyages sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus