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21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 12:24


En parcourant le net, je me suis aperçu qu’énormément de monde s’intéresse au FLE et souhaiterais des informations précises à ce sujet. Je vais donc essayer de faire une série sur les questions les plus fréquentes pour apporter les réponses adéquates et surtout pour mettre les points sur les i face à certaines naïvetés bien compréhensibles quand on ne connaît pas le milieu.
Je me permettrai de citer des commentaires parus sur des forums pour être le plus concret possible et pour montrer que je ne suis pas le seul à dire ce que je dis. Commençons donc par la seule question qui importe :
 


QUELLES SONT LES PERSPECTIVES D’EMPLOI DANS LE FLE ?
 
Certaines phrases provoquent d’étranges effets sur les individus. Par exemple, si vous lancez cette question au visage d’un prof de FLE, vous verrez soudain s’y former un rictus amère qui se transformera bientôt en rire nerveux et qui s’achèvera par de lourds sanglots.
Car la vérité toute nue et sans fard est qu’IL N’Y A PRESQUE PAS DE PERSPECTIVES ! Si l’on entend bien entendu par « perspective » un emploi stable et rémunéré convenablement, parce que si vous entendez par « perspective » une série de stages sans lendemain peu ou pas payés du tout avec le billet d’avion à votre charge (ce dernier point n’est malheureusement pas une plaisanterie), alors là oui, il y a beaucoup de « perspectives » ! Je voudrais ici citer comme exemple le témoignage de Claire Davy en poste à Barcelone que j’ai trouvé sur le forum d’Edufle :
 
« Sur place, nous sommes sous contrat local et le seul critère valable d’ « avancement », est le copinage avec les personnes installées depuis des années et qui ont créé leur petit monde dans lequel il est très difficile d’entrer si on est intègre. La compétence, l’expérience et le diplôme sont loin d’être des critères déterminants.
 Et en France, on ne nous connaît  même pas ! Nous (les profs) ne sommes rattachés a aucun ministère, même si notre institution l’est, aux Affaires Etrangères. Ce qui signifie que nous n’avons aucun recours quand nous voulons nous plaindre de situations qui sont parfois proches de l’exploitation.(je parle du salaire, des conditions de travail, de l’absence de reconnaissance, de l’extrême difficulté a nous exprimer quand quelque chose ne va pas etc...)
 Bref, la précarité est le lot quotidien des profs de Fle et cela m’exaspère quand, lors des sommets de la francophonie, nos dirigeants (de tous bords) parlent de l’importance de la présence culturelle française à l’étranger, et sont complètement indifférents aux conditions de travail des acteurs de cette présence que nous sommes. »

 
On l’aura compris, le principal atout d’un prof de FLE sera son optimisme.

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commentaires

seban 15/03/2015 19:46

Je suis tout à fait d'accord avec ce témoignage de Claire,
Je me trouve actuellement en Allemagne et ma situation est plus que précaire puisque je suis sous le seuil de pauvreté, sans sécurité sociale et sans aide au logement. Mais oui, j'aime enseigner la langue française.

Aliénor 16/09/2011 09:39



Bonjour,


Nouvellement diplômée et à présent en recherche d'emploi-s, votre remarque sur le fait d'être rattaché (ou non) à un ministère, par exemple, m'a fait me poser la question suivante : si l'on veut
intégrer un syndicat, à quelle profession peut-on se rattacher ? Bien sûr il paraît évident de se rallier à un syndicat de professeurs, pourtant les préoccupations et les problèmes rencontrés par
les métiers de  l'Éducation Nationale ne semblent pas relever tout à fait du même contexte que ceux des profs de Fle. Alors, quelqu'un a-t-il une expérience syndicale en tant que professeur
de Fle ? Sommes -nous vraiment seuls au monde (sniff) ?


En tout cas, merci pour ces billets, drôles, intelligents et parfois cinglants, qui permettent de prendre un peu de recul quand on est au bord de la panique !



Arnaud Dubois 03/03/2008 16:36

Après avoir lu ce billet d'humeur de la part d'un vénérable collègue de fle, je ne peux que songer à ce que j'ai pu appréhender en France ou à l'étranger des grosses difficultés qui incombent au métier d'enseignant de fle. Ceci est d'autant plus regrettable que la francophonie est en perte de vitesse de par le monde et que ce n'est pas en traitant comme de nouveaux esclaves ceux qui sont destinés en premier chef à en défendre le flambeau qu'elle sera mieux défendue (parce que j'estime que payer pour pouvoir travailler sans ^etre payé en retour s'apparente à de l'esclavagisme). J'en prends pour exemple inverse le professionnalisme de nos collègues d'allemand langue étrangère pour qui l'expérience semble bien différente en tous cas dans les Goethe Institut. Le temps n'est plus aux beaux discours des petits fours de la francophonie mais bien à une action à l'étranger par ceux qui sont en charge de la représenter sous de meilleurs jours que précarité...A bon ma^itre, bon chien!

El yaagoubi ahmed 17/09/2007 18:30

Bonjour collègue,
Je viens de découvrir votre blog et décide vous contacter,sachant que je suis auteur d'un blog en didactique et pédagogie du fle/du fls
Cordialement,
ahmed

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  • : Blog d’un prof de Français Langue Etrangère (FLE) proposant ses idées de cours ainsi que ses réflexions sur le métier de prof.
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