Mardi 21 août 2007


En parcourant le net, je me suis aperçu qu’énormément de monde s’intéresse au FLE et souhaiterais des informations précises à ce sujet. Je vais donc essayer de faire une série sur les questions les plus fréquentes pour apporter les réponses adéquates et surtout pour mettre les points sur les i face à certaines naïvetés bien compréhensibles quand on ne connaît pas le milieu. Je me permettrai de citer des commentaires parus sur des forums pour être le plus concret possible et pour montrer que je ne suis pas le seul à dire ce que je dis. Commençons donc par la seule question qui importe :
 


QUELLES SONT LES PERSPECTIVES D’EMPLOI DANS LE FLE ?
 
Certaines phrases provoquent d’étranges effets sur les individus. Par exemple, si vous lancez cette question au visage d’un prof de FLE, vous verrez soudain s’y former un rictus amère qui se transformera bientôt en rire nerveux et qui s’achèvera par de lourds sanglots. Car la vérité toute nue et sans fard est qu’IL N’Y A PRESQUE PAS DE PERSPECTIVES ! Si l’on entend bien entendu par « perspective » un emploi stable et rémunéré convenablement, parce que si vous entendez par « perspective » une série de stages sans lendemain peu ou pas payés du tout avec le billet d’avion à votre charge (ce dernier point n’est malheureusement pas une plaisanterie), alors là oui, il y a beaucoup de « perspectives » ! Je voudrais ici citer comme exemple le témoignage de Claire Davy en poste à Barcelone que j’ai trouvé sur le forum d’Edufle :
 
« Sur place, nous sommes sous contrat local et le seul critère valable d’ « avancement », est le copinage avec les personnes installées depuis des années et qui ont créé leur petit monde dans lequel il est très difficile d’entrer si on est intègre. La compétence, l’expérience et le diplôme sont loin d’être des critères déterminants.
 Et en France, on ne nous connaît  même pas ! Nous (les profs) ne sommes rattachés a aucun ministère, même si notre institution l’est, aux Affaires Etrangères. Ce qui signifie que nous n’avons aucun recours quand nous voulons nous plaindre de situations qui sont parfois proches de l’exploitation.(je parle du salaire, des conditions de travail, de l’absence de reconnaissance, de l’extrême difficulté a nous exprimer quand quelque chose ne va pas etc...)
 Bref, la précarité est le lot quotidien des profs de Fle et cela m’exaspère quand, lors des sommets de la francophonie, nos dirigeants (de tous bords) parlent de l’importance de la présence culturelle française à l’étranger, et sont complètement indifférents aux conditions de travail des acteurs de cette présence que nous sommes. »

 
On l’aura compris, le principal atout d’un prof de FLE sera son optimisme.
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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