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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 13:09



L’étiquette « web 2.0 » se révèle être un fort mauvais nom de baptême tant il nous contraint à penser l’évolution du réseau selon un certain point de vue. Car parler de web 2.0, et donc de web 1.0, fait directement référence à la manière dont les informaticiens nomment les différentes versions d’un logiciel. La version 1.1 d’un programme désigne la première modification mineure de la version initiale, 1.2 la deuxième, 1.3 la troisième, etc. Et on ne passe à la version 2.0 qu’en cas de modification majeure du programme.


 

Appliqué au web, cela sous-entend donc qu’il existerait une solution de continuité entre la web 1.0 et le web 2.0. Mais, qu’il s’agisse d’un programme ou du web, ce saut qualitatif est-il si clair que cela ? Peut-on déterminer avec netteté ce qui différencie une modification mineure d’une modification majeure ? Autrement dit, le passage de la version 1.0 à la version 2.0 se fait-elle de manière continue ou discontinue ?


 

Le choix de l’une ou l’autre solution est d’importance car il détermine complètement notre vision du réseau. Dans le premier cas nous sommes dans le cadre d’une progression linéaire et le web 2.0 doit être vu comme le fils légitime du web 1.0. Dans le second cas, nous sommes en présence d’une révolution et le web 2.0 a pour vocation de tuer le père.


 

Par ailleurs, l’appellation numérique nous place à l’échelle d’un programme, c’est-à-dire d’une seule entité. Or le web ne se résume pas à une seule entité, mais à une infinité d’entités, qui plus est de natures très différentes, certaines sont de natures informatiques (les navigateurs, les flux RSS, les agrégateurs, etc.) d’autres sont de natures humaines (programmeurs, blogueurs, internautes, etc.). Dans ces conditions, pour que l’étiquette web 2.0 soit valide, il faut qu’elle puisse englober l’ensemble du réseau. Le fait-elle ?


 

A l’évidence non, le label web 2.0 ne recouvre qu’une partie du réseau. Car si on définit le web 1.0 par le statisme des pages, alors il existe un nombre considérable d’éléments qui ne sont pas web 2.0, qui n’ont pas à l’être et qui ne le seront jamais. Car si le dynamisme des pages web est essentiel pour les sites d’actualités, inversement, le statisme se révèle un atout précieux pour les dictionnaires ou les encyclopédies.

 


Autrement dit, toutes les informations ne sont pas à mettre sur le même niveau et n’ont pas un traitement identique sur la toile. Ainsi, lorsqu’il s’agit de conserver des informations comme l’histoire de France, les caractéristiques du web 1.0 sont nécessaires et, lorsqu’il s’agit de renouveler les informations concernant les dernières frasques de Paris Hilton, c’est le web 2.0 qui s’impose.


 

Si l’on définit encore le web 1.0 par le fait qu’un seul internaute administre un site au lieu d’une communauté entière, cela n’est pas non plus nécessairement un mal comme l’indique les problèmes de la communauté wikipédia en ce qui concerne la rédaction collective d’article et les effets de lobbies en son sein. Par conséquent, les caractéristiques du web 1.0 ne sont pas forcément tous des défauts. Inversement, les traits du web 2.0 comme la collaboration ne sont pas nécessairement des avantages.

 


Mais pourquoi sommes nous amené à voir une contradiction entre le web 1.0 et 2.0 ? Parce qu’une telle étiquette présuppose que le système des entités connu sous le nom de web 2.0 est un progrès définitif vis-à-vis du web 1.0 et a pour vocation de le remplacer. Mais le web 1.0 et 2.0, de fait, ne semblent pas entretenir ce type de rapport conflictuel. Bien au contraire, il se complètement mutuellement.


 

Ainsi, nous pouvons définir Wikipédia comme un site web 1.0 géré par une communauté d’internaute 2.0. Plus précisément, le fonctionnement collaboratif est d’ordre 2.0, mais le résultat, c’est-à-dire une encyclopédie ayant pour vocation à conserver l’information, est d’ordre 1.0. Par conséquent, si nous voulons comprendre les évolutions du web correctement, il semble impératif de ne pas opposer le web 1.0 au web 2.0.

 
 



4/ Qu'est-ce que le web 2.0 ?

4.1/ "Web 2.0", un nom problématique

4.2/ Comment activer un univers sur Netvibes ?


4.3/ Comment créer un portail fle sur Netvibes ?

 

 

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commentaires

lauryle 05/07/2008 16:15

rien compris...
moi, chuis pour les fadas qui écrive "la chute du Web 3.0"....

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