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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 05:25

 


La suggestopédie est une méthode de langue conçue par le Dr. Lozanov, psychologue à l'Université de Sofia, qui accélérait de 3 à 10 fois le rythme d'apprentissage. Ce résultat serait atteint grâce à une ambiance de travail relaxante permettant de supprimer les inhibitions d'ordre psychologique qui diminuent les capacités du cerveau ainsi que par le recours à la musique classique.

 

 


Concrètement, les enseignants « suggestopèdes » dispensent leurs cours dans ce qui ressemble plus à un salon qu'à une salle de classe. Le professeur et les élèves sont assis en cercle dans des fauteuils confortables, avec des tapis, des rideaux aux fenêtres, des tableaux, etc. La « suggestion » étant que le cours est relaxant et agréable.

 

 


Au début du cours, les 12 ou 14 participants endossent une nouvelle identité (nom, profession, adresse, etc.). Les dix premières leçons prennent pour cadre un congrès sur L'homme et la nature consacré aux problèmes de l'environnement et de la pollution se déroulant à Paris. Ce jeu de rôle permet de travailler sur les situations de la vie quotidienne (à l'hôtel, au restaurant, au téléphone, dans la rue, dans les magasins, etc.).

 

 


Le support de chaque leçon est un dialogue de 800 mots dont la traduction se trouve en regard. Cette série de textes traite des thèmes de l'auto connaissance, des arts du pays de la langue cible (théâtre, cinéma, peinture, musique, etc.), de l'amour et de l'amitié, etc.

 

 


L'enseignant se livre à trois lectures de ces dialogues. La première lecture s'effectue avec une musique baroque (Corelli, Vivaldi, Handel) en fond sonore. Les élèves sont invités à laisser de côté leurs livres, à s'asseoir confortablement dans leurs chaises et à juste écouter la lecture en fermant les yeux. Le but étant que l'élève atteigne un état de relaxation favorisant la mémorisation. Cependant, si des élèves le désirent, ils peuvent suivre le texte.

 

 


Quant à l'enseignant, pendant environ quarante minutes, il lit le dialogue en se réglant, non pas sur le sens du texte, mais sur le rythme de la musique. Ainsi, selon les émotions évoquées par le morceau, sa voix prendra un ton solennel, s'apaisera jusqu'au chuchotement ou deviendra plus commune. Sa lecture doit se fondre dans le flot musical et faire en sorte que les phrases du texte coïncident avec les « phrases » musicales.

 

 


Après ce concert, le professeur lit encore une fois le texte pendant environ dix minutes, mais cette fois sur un ton naturel. Cette seconde lecture permet à l'enseignant de comparer grammaticalement et lexicalement la langue maternelle avec la langue cible. Les élèves peuvent prendre des notes et poser des questions dans leur langue maternelle, tout en sachant qu'on leur répondra en langue cible.

 

 


Après ces lectures, le dialogue est exploité afin de pratiquer le vocabulaire et les structures qui y sont contenus. Par exemple, l'enseignant peut donner un thème comme le voyage et proposer une situation simulée. Les élèves doivent alors imaginer ce que leurs personnages fictifs (ceux du Congrès sur l'homme et la nature) pourraient se dire dans un aéroport. Ainsi, par groupe, les étudiants écrivent des sketches où ils introduisent tous les mots trouvés dans l'activité précédente. Ces textes sont ensuite lus et commentés. Dans une dernière étape, les différents groupes jouent leur texte devant les autres, transformant ainsi la salle de classe, qui ne ressemble déjà pas beaucoup à une salle de classe, en un véritable atelier de théâtre.

 

 


A cela est associé d'autres jeux et d'autres sketches afin de permettre aux étudiants de sortir de leurs rôles habituels. Par exemple : pour un groupe de 12 étudiants, on demande à chaque participant de répondre à une des questions suivantes sur une petite carte : « Quand? ; Pourquoi? ; Pour faire quoi ? ; Avec quoi ? ». Ce qui donne trois réponses par questions, soit quatre séries de trois réponses. Ensuite, l'enseignant lit les phrases produites, dont l'enchaînement sera en principe absurde, sauf si un thème a été déterminé à l'avance. Enfin, le texte est divisé en plusieurs parties que chaque participant devra lire à haute voix.

 

 


Le cours s'achève sur la lecture du dialogue qui sera étudié le lendemain. Comme au début du cours, les étudiants doivent écouter le texte en position de relaxation. Après quoi le professeur quitte la salle en silence, laissant derrière lui une feuille expliquant que le cours est terminé et que les élèves doivent relire chez eux le texte pendant 15 à 20 minutes avant de s'endormir. Car Lozanov souhaite que ses étudiants s'endorment littéralement sur le dialogue avant qu'ils ne l'utilisent le lendemain. Le but étant de solliciter la partie inconsciente du cerveau lors de la nuit.

 


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commentaires

Elodie 07/03/2009 02:07

Rien à voir avec l'article (j'en suis désolée). Je me pose une question existentielle, ayant tout essayé pour trouver une réponse (pile ou face, vaudou, les amis...et même ma mère.) je me tourne vers vous. Je suis en M2 Didactique du FLE et complètement "aware" de l'absence de perspectives dans notre domaine je souhaite savoir s'il vaut mieux poursuivre en doctorat et replonger pour 3 ans en France ou partir en VIE et gagner un salaire mensuel equivalent au triple de ce que l'on peut trouver en France ?

Max Cofler 08/03/2009 13:46


Elodie,

il me semble que la réponse est contenue dans votre question. Partir en VI est une occasion exceptionnelle autant professionnellement que financièrement. Quant au doctorat, ma foi, si vous y tenez
vraiment, vous pourrez toujours le faire quand bon vous semblera.

Mais c'est à vous de décider.

Bonne chance :-)


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