Vendredi 7 septembre 2007

C’est une question importante car on n’a malheureusement pas toujours la possibilité d’aller à l’étranger, ou de fréquenter des étrangers dans son pays, pour apprendre ou perfectionner une langue. D’où l’interrogation de certains élèves, et aussi de certains profs, comment apprendre une langue sans le bain linguistique du pays ?

 
Avant tout, il faut se mettre d’accord sur la forme que doit prendre cet apprentissage. Pour parler une langue plus que correctement, il n’y a pas de secret, on doit vivre avec. Ce doit donc être un travail quotidien, un petit effort de 15 à 20 minutes par jour par exemple. Bien sûr, si on peut faire plus, tant mieux, mais on n’a pas toujours le temps.

 
Pour les débutants, ce qui marche plutôt bien c’est la méthode Assimil, qui fonctionne justement sur le mode « petit effort quotidien ». Chaque jour, une leçon constituée d’un petit texte en langue cible (avec sa traduction en regard) dont on doit écouter la lecture sur un CD. Cela permet d’entrer dans la langue sans trop de difficulté. Pour l’avoir testée moi-même, je puis témoigner que c’est assez efficace (je sais ce que vous vous dites, mais non ! Je n’ai pas d’actions dans cette entreprise !).

 
Toutefois, pour des élèves plus avancés, la méthode Assimil se révèle insuffisante, d’où la nécessité de passer à un niveau supérieur. Et nous avons aujourd’hui des moyens modernes tout à fait extraordinaires pour parvenir à ce but. Le premier d’entre eux étant la télévision. Ca, c’est incroyable ! Si on a la chance de pouvoir regarder le câble tous les jours dans la langue cible, on fera de grands progrès en peu de temps. Ca rentre tout seul ! Et si on ne dispose pas du câble, il reste les DVD. Mais il y a bien évidemment un problème de taille : cela coûte atrocement cher.
 

Alors ce qui coûte le moins cher, c’est de prendre un livre dans la langue en question et de le lire, mais attention, de le lire à haute voix ! Ainsi, vous aurez dans la bouche la langue cible même si vous ne la maîtrisée pas complètement. C’est le seul moyen que je connaisse pour travailler l’expression orale tout seul. Si vous faites ça régulièrement, couplé si possible avec la télé et les DVD pour prendre l’accent, normalement, les progrès devraient être sensibles.

 
Si vous connaissez d’autres trucs pour travailler une langue tout seul, je vous en prie, n'hésitez pas à les communiquer dans les commentaires de cet article. Je pense que tout le monde sera ravi d’apprendre ce genre de chose.
 
Merci d’avance.
par Max Cofler publié dans : Conseils pédagogiques
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Vendredi 31 août 2007

 


Quand on débute dans le professorat, il est fondamental de prendre conscience que la simple disposition de la classe peut commander le succès ou l’échec d’une séance. Voici donc une petite typologie des différentes dispositions de la classe qu’un prof peut utiliser suivant son objectif.
 

La disposition que j’appellerai « classique » est LA CLASSE EN RANGS. Elle organise comme chacun sait les élèves en lignes bien parallèles devant le bureau du professeur. Cette figure se révèle tout à fait adéquate pour les cours magistraux où les élèves doivent conserver le silence, écouter le professeur et transcrire son discours sur le papier. En revanche, lorsqu’il s’agit de faire un cours de langue, c’est catastrophique !

 
On imagine mal en effet à quoi ressemblerait une interaction entre un élève du premier rang qui devrait se tourner complètement afin de s’adresser à un élève du fond de la classe par-dessus plusieurs rangées de personnes, qui elles-mêmes devraient avoir chacune son interlocuteur ! Bien entendu, je pars du présupposé que les élèves doivent se parler entre eux au sein d’un cours de langue. Donc, pour un groupe de discussion d’une dizaine de personnes, on disposera bien entendu LA CLASSE EN CERCLE. Ainsi, chaque apprenant se trouvera en face-à-face avec tous les autres, y compris le prof, ce qui favorise la discussion puisque le pré-requis nécessaire pour parler à quelqu’un, c’est évidemment d’être en face de lui !
 

Pour les groupes plus nombreux, vous avez deux solutions. Première solution : LA CLASSE EN PLUSIEURS PETITS CERCLES. Vous les faites travailler en groupe, par petits cercles, pour faciliter la discussion. L’avantage est que vous créez des conditions presque identiques à celles existant avec un seul petit groupe. Le problème, c’est que s’ils ne sont pas assez motivés pour parler français de manière autonome, ils vont discuter dans leurs langues maternelles.
 

Deuxième solution : LA CLASSE EN U. Potentiellement, cette matrice favorise la parole autant que la disposition en cercle, mais sa supériorité réside dans le fait que le prof peut regarder dans les yeux chaque élève en tournant légèrement la tête. Ce qui suffit généralement pour qu’ils ne parlent pas autre chose que le français.

 
Bien entendu, vous pouvez utiliser ces dispositions alternativement pendant votre cours, suivant les activités effectuées, c’est l’idéal. Il est très important de les faire bouger parce que, soyons sincère, aucun être humain n’est fait pour rester une heure assis sur une chaise. Alors s’ils peuvent se lever et se déplacer, ça va aérer leurs esprits et ils seront plus performants ou en tout cas plus attentifs.
par Max Cofler publié dans : Conseils pédagogiques
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Mercredi 25 juillet 2007


baobab.jpg




Comment maîtriser une classe turbulente? Peut-on obtenir le silence en cours ? La discipline est-elle encore possible au XXIème siècle ? Peut-on convaincre Karim d’attendre la fin du cours pour fumer son bédo ?
 


A en croire les professeurs proche de la retraite, il faut désespérément répondre par la négative à toutes ces questions. Et il semble qu’il faille sombrer dans la dépression pour les plus forts d’entre nous, quant aux plus faibles, ma foi, il existe heureusement des moyens modernes pour en finir sans douleur.


 
Il est vrai que la réalité fait frémir. Cela commence dès la salle des profs, lors de votre première rentrée, vous savez, LA rentrée où vous avez le trouillomètre à zéro. Là, les collègues qui se sentent concernés par votre sort vous donnent une tape dans le dos et vous déclarent d’un regard sombre : « Il va falloir serrer la visse ! ». Lorsque vous vous approchez de la salle de classe, les élèves sont éparpillés un peu partout, vous ouvrez la porte et toute la troupe se précipite à votre suite dans un joyeux bazar fait de rire, de cris et de bousculades. A la suite de quoi ils s'assoient dans la salle et ce n'est qu'au bout de 10 minutes que vous parvenez à leur rappeler votre existence !


 
Pourtant, on vous a donné la solution : « Il faut serrer la visse ! ». Mais qu’est-ce à dire concrètement ? Avez-vous lu Le Petit Prince ? Si vous ne l’avez pas fait, vous devriez, car ce merveilleux ouvrage traite, entre autres, du problème fondamental mais pourtant inaperçu, de la dangerosité des baobabs. Le sol de la planète du Petit Prince recèle un grand nombre de graines, il y a les bonnes graines comme les graines de rosiers qu’il faut préserver, mais il y a les mauvaises graines, dont les plus terribles sont les graines de baobabs. Ces dernières, à force de croître peuvent tout simplement détruire la planète avec leurs grosses racines. C’est pour cela que chaque matin, le Petit Prince prend sa pelle et va déraciner les pousses de baobabs avant qu’il ne soit trop tard.
 


Voilà le problème. Si vous laissez passer une petite chose (un port de casquette en classe, un mot déplacé, un geste inapproprié), les élèves vont automatiquement passer au niveau supérieur. Et très rapidement, vous allez vous retrouver avec d’énormes baobabs dans votre classe et ce sera la fin, votre planète-classe sera inexorablement désintégrée !

Bon, en fait, contrairement à ce que j'ai dit plus haut, en réalité, les élèves sont en général calmes le premier cours. Pourquoi ? Parce qu'ils ne savent pas encore à qui ils ont affaire. C'est pour ça qu'il est très important de surveiller la pousse des baobabs dès le début et, donc, de "serrer la visse" ! Si vous ne jouez pas au "méchant" au début, il y a de grande chance que vous perdiez le contrôle ensuite. Mais là encore, comment serrer cette fameuse visse ?


 
Selon moi, tous les problèmes de discipline viennent du fait que le prof ne maîtrise pas la nature du terrain. Par exemple : pourquoi les élèves discutent-ils avec autant d’aisance ? Tout simplement parce qu’ils se groupent par affinité. Les amis avec les amis. C’est pour ça qu’ils ont beaucoup de choses à se dire ! Conclusion : ne serait-ce pas au prof de placer les élèves dans la classe ?


 
Ainsi, au lieu de faire l’appel de votre bureau alors que tout le monde est rentré et où vous ne maîtrisez déjà plus rien, faites donc l’appel dehors avant de rentrer. Et décidez vous-même où vous allez placer les élèves. Ce peut être tout simplement par ordre alphabétique à partir de la table de devant tout à droite jusqu’à la table de derrière tout à gauche. Bien entendu, ceci doit se faire dès le premier cours. Ce sera plus difficile à faire après plusieurs cours car les baobabs auront poussé !
 


Donc ce que je retiens du Petit Prince, c’est qu’il faut faire gaffe aux baobabs et être maître du terrain.
par Max Cofler publié dans : Conseils pédagogiques
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