Vendredi 25 janvier 2008


Je mets en ligne un message de William Charton, du bureau national du collectif FLE/FLS, adressé à toute la profession FLE au sujet de l’affaire du Rhône. Car Alain Régnier, le préfet délégué à l’égalité des chances de cette pourtant si belle région, ne semble toujours pas disposé à écouter les revendications légitimes des profs de FLE et semble plus que jamais enclin à nous mépriser. Nous en sommes aujourd’hui à la pétition. Vous la trouverez juste après le court message de M. Charton que voici :
 
 
 
Bonjour,

Le préfet du Rhône organise depuis 3 mois des formations à la langue française pour les immigrés en situation régulière du département. Le hic : les formateurs recrutés sont des retraités de l’Education Nationale et des agents de la préfecture encore en activité.

Une inquiétante collusion entre travail social et pouvoirs judiciaires de surveillance et de répression, doublée d’une aberration : le recrutement de retraités formés en quatre jours, alors que de nombreux professionnels sont en recherche d’emploi dans cette région, et ont vu leurs candidatures refusées.

Cette affaire semble surtout témoigner d’un réel mépris des immigrés auxquels on n’hésite pas à réserver des prestations au rabais. Où est l’égalité des chances dont on parle tant ?


Le collectif Fle attaque (soutenu par le Collectif Fle Fls) propose ci-dessous une lettre-pétition adressée au préfet du Rhône. Vous pouvez la compléter et lui envoyer à l’adresse suivante :
egalitedeschances@rhone.pref.gouv.fr.

Merci d’ajouter l'adresse fleattaque2@gmail.com en copie carbone (CC) à votre envoi.

Vous pouvez aussi envoyer la lettre par voie postale. Vous pouvez obtenir le fichier word soit en me contactant, soit en contactant les initiateurs de cette action : le collectif Fle attaque

N’hésitez pas à diffuser cette lettre autour de vous.

William CHARTON
Bureau national du Collectif Fle Fls
http://fle-fls.forumpro.fr


 

De M. Mme………………….
Organisme :…………….

A M. Alain Régnier, préfet délégué à l’égalité des chances
Préfecture du Rhône
106 rue Pierre Corneille
69419 Lyon cedex03

………….., le …….. janvier 2008

Monsieur le Préfet,

Lorsque vous avez lancé votre plan d’apprentissage du français pour les étrangers en situation régulière (plan CLEF), avec pour formateurs des fonctionnaires de la préfecture et des retraités de l’Education Nationale, n’ayant ni expérience ni formation dans les disciplines FLE-FLS-Alphabétisation, vous avez été contactés par de nombreux professionnels : collectifs de professeurs, organismes de formation, syndicats. Tous vous ont prié de ne pas mettre davantage en péril une profession déjà fortement touchée par la précarité et le chômage. Tous ont souligné l’importance d’assurer une formation de qualité aux travailleurs étrangers sur notre territoire, gage de leur insertion professionnelle et citoyenne. Tous ont voulu attirer votre attention sur la nécessité, pour toute action d’enseignement, de faire appel à des personnels qualifiés et compétents. Plusieurs vous ont également proposé de vous rencontrer pour vous exposer tous les enjeux de notre profession.


Dans un pays démocratique où l’on en appelle au sens civique et à la responsabilité de chacun, les professionnels d’un secteur doivent avoir leur mot à dire dans l’élaboration d’une réforme qui les concerne et qui pourrait bénéficier de leur expertise. Nous refusons d’adhérer à des mesures qui ignorent délibérément notre volonté de dialogue et de concertation, nos compétences, et notre engagement au service de l’accueil et de l’intégration des migrants.


Nous sommes aujourd’hui indignés de votre mépris. Alors que nous essayons de défendre la qualité de notre enseignement, de mettre notre professionnalisme au service de ceux qui en ont le plus besoin, vous nous accusez de corporatisme. Quelle autre profession se voit accuser de vouloir conserver un monopole (que nous n’avons jamais eu, du reste) quand elle demande simplement à exercer son activité ? Accepterait-on que des volontaires amateurs enseignent à l’école ou à l’université ? A moins que l’idée ne soit de faire totalement disparaître les métiers du FLE – vous qui semblez considérer que l’enseignement du français peut être l’affaire du premier venu et que les immigrés ne sont pas dignes d’une prise en charge professionnelle.


L’enseignement est un métier à part entière dont les exigences doivent être reconnues. Nous affirmons que les immigrés, qui travaillent dans notre pays et participent à son fonctionnement économique, ont le droit d’être considérés au même titre que les nationaux. Ils doivent avoir accès à des formations de qualité, dispensés par des professionnels, qui sauront s’adapter à leurs besoins et contribuer à leur promotion sociale et à celle de leurs enfants.


Vous prétendez initier, à travers cette action, des « passerelles » entre citoyens français et personnes immigrées, en favorisant des situations de communication courante qui n’existeraient pas dans le cadre d’un cours de FLE. Pensez-vous donc que nos cours soient exempts de communication linguistique et culturelle ? Pensez-vous vraiment que nous n’abordons pas la vie quotidienne ? La vie professionnelle ? Que faisons-nous, au juste, si ce n’est permettre à nos élèves de communiquer en français à l’oral et à l’écrit, dans les relations personnelles, professionnelles et administratives ?


En revanche, nous nous inquiétons des « passerelles » entre les instances de contrôle et de répression (recrutement d’agents de la préfecture en exercice pour former au FLE) et les populations immigrées. Cette collusion nous semble totalement contraire à l’indépendance dans laquelle doivent travailler des agents du secteur social ou éducatif. Nous refusons de servir d’agents doubles au service des pouvoirs judiciaires. L’enseignement, l’éducation, les services sociaux doivent rester indépendants et les immigrés ne doivent pas être considérés à chaque instant comme des suspects.


Mais surtout, vous qui prétendez réinventer en quelques semaines notre métier, n’avez-vous pas oublié l’ingrédient le plus important : le positionnement envers le public ? C’est pourtant ce qui différencie, parfois cruellement, le professionnel de l’amateur. Loin de tout paternalisme et de tout néo-colonialisme, le professionnel respecte les étrangers auquel il s’adresse, les considère pleinement comme des alter ego. Pas comme de pauvres gens qui n’auraient besoin, selon le mot de l’une de vos « formatrices volontaires », que de « trois mots de français ». Pour enrichir les contacts entre immigrés et nationaux, pour favoriser l’égalité des chances inscrite dans vos fonctions, mieux vaudrait soutenir des projets de lutte contre les discriminations, contre les préjugés envers ces étrangers auxquels, par ignorance et par condescendance, on refuse un enseignement de qualité.


La seule bonne volonté n’est pas une compétence professionnelle. Confier la formation de ces populations à des personnes non formées, qui en ont parfois une image aussi misérabiliste, est un acte irresponsable et discriminant que nous dénonçons fermement. Le saupoudrage, les formations au rabais et l’amateurisme ont fait suffisamment de mal, dans le secteur social en général, dans celui du FLE-FLS-alphabétisation en particulier. Il est grand temps que l’Etat reconnaisse l’accueil social, linguistique, culturel et professionnel des populations immigrées comme une mission de service public, au même titre et avec les mêmes exigences de qualité et de professionnalisme que pour un public national. La générosité des bénévoles ne saurait faire oublier que le bénévolat et le volontariat ne sont que des pis-aller qui n’existent que par la négligence des pouvoirs publics envers certaines causes.


Nous regrettons vivement que vous ayez refusé nos offres de concertation. Vous signifiez ainsi clairement votre mépris des professionnels du FLE-FLS-Alphabétisation et surtout de leur public, les étrangers qui apprennent le français.


Nous comptons aujourd’hui sur le bon sens des formateurs volontaires, et plus particulièrement sur ceux qui viennent de l’Education Nationale, pour avoir le courage de défendre l’idée d’une spécificité des compétences en matière d’enseignement : pas plus que les mathématiques ou l’Histoire, le FLE et l’alphabétisation ne peuvent s’enseigner sans formation.


Accepter de participer à ce plan, c’est accepter l’idée que n’importe qui peut enseigner n’importe quoi. C’est aussi accepter l’idée que demain, les immigrés n’auront plus un seul professionnel à leur service – eux qui en ont déjà bien peu, faute de financements. Voudriez-vous que l’on laisse à de simples volontaires le soin de former vos enfants et petits-enfants à l’école ? Travailler avec les immigrés, c’est d’abord avoir profondément foi en l’idée qu’ils méritent autant que nous et que nos enfants.


Portés par cette conviction et par le souci de donner aux travailleurs immigrés davantage que les miettes qui tombent de la table des Français, nous demandons :


- Le retrait immédiat du plan CLEF dans la préfecture du Rhône ;
- La reconnaissance des actions de FLE/FLS/Alphabétisation comme relevant d’une mission de service public ;
- La reconnaissance et la valorisation des métiers du FLE/FLS/Alphabétisation : obligation de recruter des professionnels pour exercer ces métiers et aides au financement de leurs postes pour les organismes à but non lucratifs qui les emploient ;
- Le renforcement des budgets alloués à la formation linguistique des immigrés, première condition de leur insertion professionnelle et de leur promotion sociale, et de celles de leurs enfants ;


Nous vous prions d’agréer, Monsieur le préfet, l’expression de notre considération distinguée.

Signature ……………………..
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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Lundi 12 novembre 2007

Voici un article de Carole Bianchi publié dans 20 minutes qui présente la désastreuse suite de l’Affaire du Rhône (Cf. Un Master FLE ? Pour quoi faire ?) :
 

LES COURS DU PREFET CHAHUTES PAR DES PROFS
 
Le dispositif d'apprentissage du français aux étrangers récemment annoncé par la préfecture du Rhône ne fait pas l'unanimité. Basé sur le volontariat de cent trente-sept retraités de l'Education nationale et agents de la préfecture formés depuis hier sur le campus de Bron, ce dispositif « dévalorise » les professeurs diplômés, selon un collectif d'enseignants et le syndicat Rhône-Alpes des personnels de la formation (Syrafor).
 
Ce dernier, affilié à la CFDT, a fait part de ses inquiétudes dans une lettre envoyée hier au préfet, Jacques Gérault. Tout comme le collectif de professeurs de français langue étrangère (FLE) Attaque. « Des professeurs sont formés pour enseigner le français aux étrangers. Nous avons tous entre bac + 4 et bac + 8, alors que les personnes recrutées par la préfecture vont être formées en quatre jours. Notre métier est totalement ignoré », s'indigne Aurélie Tardy, 32 ans, relais du collectif FLE Attaque.
 
Cette professeure qui enseigne depuis 1999 dans le Rhône explique par ailleurs que sa profession, où les vacations sont nombreuses, reste très précaire et méconnue. « Pour une fois qu'un projet était mis en place, nous ne sommes pas sollicités. C'est dévaloriser le diplôme que les étrangers obtiendront à la fin », poursuit-elle.
 
« Cette position n'est pas fondée, assure Alain Régnier, préfet délégué pour l'égalité des chances qui a participé à l'élaboration du dispositif. Les enseignants ne vont pas être lésés, car ils seront davantage sollicités pour faire passer les épreuves du diplôme. » Il explique d'ailleurs vouloir travailler main dans la main avec les six organismes de formation du département, qu'il doit rencontrer aujourd'hui. »
  
Alors que conclure après ce nouvel épisode ? Eh bien que malgré la mobilisation des profs de FLE, le préfet délégué Alain Régnier continue de se foutre de nous puisqu’il nous assure que nous ne serons pas « lésés, car [nous serons] davantage sollicités pour faire passer les épreuves du diplôme. » Je suis vraiment rassuré.

Cependant, juste une question : les profs de FLE ne sont-ils là QUE pour faire passer des examens ? Ou bien est-ce que, si ça ne dérange pas trop, on pourrait donner aussi quelques cours ? Quant aux retraités de l’Education Nationale et de la préfecture, puis-je suggérer qu’ils aillent tranquillement en retraite au lieu de nous piquer notre boulot !
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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Vendredi 2 novembre 2007


A ma connaissance, il y a trois possibilités :
 

1/ LE CONTRAT DE LA FONCTION PUBLIQUE
 
Vous êtes un prof certifié (Capes) ou agrégé. Et vous êtes détaché de l’Education Nationale pour être rattaché au Ministère des Affaires Etrangères. C’est très avantageux si on obtient ce type de poste car le salaire est multiplié par un coefficient calculé selon le coût de la vie locale. Je crois que le salaire est au minimum multiplié par 1,5 ou quelque chose comme ça.
 

Ca a l’air plutôt cool comme ça, mais en réalité, il ne semble pas y avoir beaucoup de profs partant à l’étranger. Premièrement parce que les profs qui obtiennent un poste en France ne voient pas l’utilité de s’expatrier. Rappelons que le Français est très casanier par rapport à d’autres peuples comme les Anglo-Saxons par exemple. Et puis ajoutez à cela que bon nombre de profs se marient avec d’autres profs, du coup, il devient difficile de partir à deux.
 

Deuxièmement parce que ces profs coûtent très chers et sont incompétents en ce qui concerne le FLE. Donc, du point de vue de l’Etat, c’est une mauvaise main d’œuvre aux émoluments dispendieux, alors même qu’il y a tout un vivier de jeunes étudiants compétents, motivés et labellisés « Master FLE » qui acceptent de travailler pour un salaire de misère. Pourquoi engraisser des fonctionnaires quand on peut exploiter les petits jeunes ?
 

Toutefois, on en trouve encore un certain nombre, particulièrement des profs du primaire semble-t-il, qui sont à la tête d’Alliance française ou qui ont une part active dans les Centre Culturel Français. Mais à présent, avec notre cher président Sarkozy et la défonctionnarisation de la fonction publique mise en œuvre, il va y avoir pas mal de non renouvellements de postes dans ce secteur qui seront remplacés par des statuts plus précaires. En l’occurrence, le contrat en question sera sans doute le CRSP :
 


2/ LE CONTRAT RECRUTE SUR PLACE (CRSP)
 
C’est un contrat de 2 ans renouvelable une fois un an, donc au total, il peut durer au maximum 3 ans. Mais ça, c’est sur le papier car après, sur le terrain avec les bons pistons, il y a toujours moyen de rester plus longtemps. Ce type de contrat offre un salaire correct par rapport au coût de la vie locale. Et comme l’indique son nom, vous êtes recruté sur place, c’est-à-dire que vous êtes censé être resté au moins 3 mois dans le pays en question avant de pouvoir y travailler. Là encore, les ambassades contournent le problème en tamponnant votre passeport avec la date d’arrivée adéquate sur le territoire.
 


3/ LE CONTRAT LOCAL
 
Vous êtes payé comme tout le monde dans le pays où vous travaillez. Si vous êtes aux Etats-Unis, vous êtes payé comme un Américain. Si vous travaillez en Roumanie, vous êtes payé comme un Roumain. Alors que préférez-vous ? Etre payé à l’américaine ou à la roumaine ?
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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Mardi 23 octobre 2007

 


La création de l’Alliance Française remonte à loin : 1883 ! A l’époque, il s’agissait de propager la langue française dans les colonies. C’est grâce à cette ancienneté que les Alliances sont présentes dans environ 145 pays aujourd’hui. Ce sont des organismes qui tiennent à la fois du public et du privé.
 

Côté public, c’est le gouvernement qui nomme le Secrétaire Général des Alliances Françaises à Paris, c’est-à-dire le Big Boss de toutes les Alliances Françaises. Cela permet à l’Etat, dans une certaine mesure, de s’assurer du bon respect d’une certaine politique. Par ailleurs, ce sont des associations loi 1901, c’est-à-dire à but non lucratif. Mais comme elles sont déclarées d’utilité publique, elles touchent de l’argent de la part de l’Etat français. Et si elles sont reconnues d’utilité publique par le pays étranger, rebelote, mais dans ce cas, elles ne reçoivent pas nécessairement de la monnaie sonnante et trébuchante, ce peut être de l’immobilier à prix avantageux.

 
Côté privé, elles récoltent évidemment l’argent des cours. Par ailleurs, l’Alliance Française a la particularité de fonctionner sous le droit local. Cette situation permet une indépendance vis-à-vis de l’Etat français. Ainsi, dans le comité d’une Alliance Française, il y a un Président, un Vice-Président, un Secrétaire, un Trésorier et bien sûr des membres. Toutes ces personnes ont la nationalité du pays en question. Seul le Directeur des cours sera éventuellement français car lui est compétent (ou considéré comme compétent) sur le terrain pédagogique contrairement aux autres.

 
Cette organisation très souple explique pourquoi on trouve des Alliances indifféremment dans des démocraties ou des régimes autoritaires, voire dictatoriaux, genre la Chine où vous pouvez trouver à l’Alliance le professeur Tsang qui ne parle pas un mot de français, mais qui parle suffisamment chinois pour rapporter fidèlement tout ce que vous faites aux membres du parti.

 
Zài jiàn !
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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Jeudi 18 octobre 2007

Aujourd’hui, un peu d’humour. Voici une dépêche AFP qui vaut son pesant de cacahouètes et qui va donner envie à tous de dépenser du temps, de l’argent et de l’énergie dans une formation FLE :

 

 

Dépêches AFP

LYON, 11 oct 2007 (AFP) Le département du Rhône propose une formation au français pour les immigrés

La préfecture du Rhône a annoncé jeudi le lancement d'un plan d'apprentissage du français pour les étrangers du département, qui devrait permettre de former 6.000 personnes par an.

Ce plan, qui sera mis en oeuvre début 2008, "est une expérience pilote en France à la fois par le nombre d'étrangers concernés, 6.000 par an, et par la formalisation du dispositif sur tout le département", a indiqué à l'AFP une responsable de la préfecture.

Le programme, d'un budget de deux millions d'euros pour 2008, devrait permettre de former chaque année 4.000 étrangers "primo-arrivants", ainsi que 2.000 étrangers anciennement installés, tous en situation régulière.


D'une durée de 38 heures, cette formation permettra de conduire les stagiaires au niveau du Diplôme initial de langue française (DILF).


Créé en 2006, ce diplôme officiel du ministère de l'Education nationale valide un niveau de maîtrise de base du français comme comprendre des informations simples à l'oral ou à l'écrit, ou être capable de demander un prix ou d'indiquer un problème de santé.


Les 150 formateurs seront des fonctionnaires volontaires issus de la préfecture, des retraités de l'Education nationale et des bénévoles associatifs. Ils seront rémunérés 25 euros brut par heure de cours.


Selon la préfecture, 170.000 étrangers en situation régulière vivent actuellement dans le département du Rhône.

Voici la preuve éclatante, s'il était encore besoin de le prouver, que le FLE n'est absolument pas reconnu en France et qu'on préfère donner les cours à des retraités incompétents de je ne sais quelle préfecture plutôt qu'à des professionnels comme nous.
 
 
 
 
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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Vendredi 24 août 2007


Ca c’est le plus drôle car la réponse est « Non ! ». Cette situation s’explique par le fait que certains de nos employeurs préfèrent prendre un Français sur place, même s’il n’a pas d’expérience de FLE, plutôt que de faire venir un prof expérimenté de France ou d’ailleurs. Ceci étant renforcé par un préjugé qui a la vie dure voulant que pour être prof de français, il suffit juste d’être Français ! Ce qui est loin d’être évident. Je cite un commentaire de Plume pris sur un forum d’Edufle :
 

« Je donne des cours de français à des demandeurs d’asile : ce métier me passionne j’ai différents groupes de niveaux et j’organise les cours comme bon me semble. J’ai réussi à décrocher ce CDI il y a 4 ans sans maîtrise fle sans même avoir à écrire une lettre de motivation... !! C’est vraiment une chance il me semble, car j’en connais beaucoup qui galère (malgré le fait d’être diplômés !!!!)
 
Moi, j’ai commencé bénévolement (comme quoi, le bénévolat mène à tout !! ) : 4 heures par semaine puis en CES : 20 h dont 7 de préparation de cours et 13 h de cours effectifs. Puis le CDI pour une association qui gère un CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile) je fais actuellement 10 h 30 par semaine j’espère pouvoir passer à 17h30 d’ici quelques mois.
 
J’ai au départ une licence en droit (et un niveau maîtrise de droit) et je suis passionnée par les autres cultures et les langues étrangères. ... j’ai bien essayé de m’inscrire en fle mais ... pfff !!! Trop (beaucoup trop !!!) théorique à mon goût pour une personne qui débute et qui a besoin d’expérimenter un savoir-faire concret !!
 
Bref, j’ai tenu quelques mois et j’ai abandonné je regrette pas : mon énergie est ailleurs pour l’instant. Je m’y remettrai peut-être dans l’avenir si j’en ai un réel besoin... »

Moralité : l'essentiel en FLE n'est pas tant le diplôme que d'être là au bon moment au bon endroit.



Sur le même thème, je vous renvoie aux billets de la rubrique :
FLE ? Questions fréquentes (deuxième encadré en haut à droite sur cette page).
 
Ainsi, sur le thème de la formation en FLE, vous pouvez lire :
Comment devenir prof de FLE ?
 
Sur le FLE en France :
Puis-je enseigner le FLE en France ?

 
Deux articles sur la désormais célèbre « Affaire du Rhône » :
 
Sur le FLE à l’étranger :
Quels contrats pour les FLE à l’étranger ?
Enfin, pour avoir d’autres points de vue que le mien, vous pouvez consulter la page de fle.fr consacrée à la formation en FLE :
La formation à l'enseignement du français langue étrangère





 
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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Jeudi 23 août 2007


C’est assez difficile car le FLE bénéficie d’une absence de reconnaissance assez remarquable de la part de l’éducation nationale. C’est bien connu, lorsqu’un prof de FLE décline sa profession, on lui répond toujours « Prof de quoi ? ». Toute personne raisonnable vous dira qu’il faut mettre en place un Capes de FLE car les besoins sont réels. De nombreux étrangers viennent s’installer en France et réclament des cours de FLE, particulièrement pour leurs enfants. Or, jusqu’à présent, ces cours ont toujours été pris en charge par des profs de français classique. Autant dire que le premier cours est consacré à l’accord du participe passé avec avoir alors que les élèves ne savent même pas dire bonjour. Voici le témoignage paru sur Edufle de Virginie, prof d’histoire-géo qui rencontre le problème :
 

« Bonjour, Je suis actuellement professeur d’histoire-géographie, et je m’intéresse au FLE pour une raison très précise : beaucoup des parents de mes élèves, et notamment les mamans, ne maîtrisent pas bien le français. Ils ne peuvent donc pas les aider à l’école, et bien souvent n’y mettent jamais les pieds, ne se présentent jamais aux réunions parents / professeurs... J’envisage donc de faire du bénévolat pour donner des cours aux migrants. Pouvez-vous me conseiller une formation (courte si possible, je travaille à plein temps !) qui me donne les bases de la didactique du FLE, et qui soit adaptée à ce public spécifique ? De +, si ça se passe bien, savez-vous si l’éducation nationale peut me détacher quelques heures par semaine dans une asso ou une collectivité territoriale ? Merci ! »
 

On voit ici le problème du FLE en France dans toute sa splendeur. Virginie souhaite donner des cours bénévolement ainsi que suivre une formation en FLE « courte si possible » parce qu’elle « travaille à plein temps ! ». Bien que je sache pertinemment que telle n’est pas son intention, il est difficile pour les profs de FLE de ne pas prendre ce genre de déclaration comme une grande marque de mépris. Car cela semble suggérer qu’il existerait des disciplines nobles comme l’histoire nécessitant au moins une licence, et le plus souvent une maîtrise, ainsi qu’un capes ou une agrégation pour pouvoir être enseignées. Et à côté, il existerait des sous-disciplines comme le FLE qui pourraient tout à fait se satisfaire d’une formation « courte » et du bénévolat.
 

Mais que dirait Virginie si, en arrivant un beau matin dans son établissement, elle me trouvait dans sa classe d’histoire-géo et que je lui dise : « Ah ? On t’a pas prévenue ? En fait, j’ai suivi une formation courte pour être prof d’histoire-géo. Maintenant, je suis prêt et je te remplace, et ce à titre bénévole. Donc c’est bon, on n’a plus besoin de toi. Je suppose que tu es contente, parce que maintenant que tu n’es plus à plein temps, tu vas pouvoir te lancer à corps perdu dans une formation de FLE aussi longue que tu le souhaiteras. Plutôt cool non ? » Sans doute qu’elle serait un peu énervée, eh bien, nous aussi, on est un peu énervés quand on voit des gens faire notre boulot sans formation et bénévolement. Mais le pire dans l’histoire, c’est que je ne peux même pas lui en vouloir parce qu’elle ne fait qu’un geste humain que je ferais sans doute moi-même si j'étais dans sa situation.
 

J’ai une autre anecdote, il se trouve que j’ai fait un stage dans une association ayant pour particularité de rassembler exclusivement des profs à la retraite. Eh bien figurez-vous que ces profs donnaient des cours de FLE parce qu’ils s’ennuyaient à la maison ! Je l’invente pas. Et encore, dans les cas que je cite ici, les gens ont au moins le bon goût d’être profs, parce que vous avez des structures où les bénévoles ne le sont même pas.
 

Donc voilà, en France, le FLE est ou bien un geste humanitaire prodigué bénévolement et par bonté d’âme ou bien un passe temps de retraités en mal d’activités. Comment voulez-vous que les profs de FLE sortent vainqueurs d’une concurrence que même les Chinois ne pourraient pas affronter, parce que même les Chinois travaillent pour un salaire, fût-il de misère !
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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Mercredi 22 août 2007


Avant même de se demander « Comment devenir prof de FLE ? », il faut sérieusement se poser la question « Pourquoi diable être prof de FLE ? »
 
 
 
POURQUOI DIABLE ETRE PROF DE FLE ?
 
Principalement pour mêler le plaisir du voyage à l’utilité d’un emploi, le premier primant sur le second. Il est si agréable de voyager qu’on accepte d’être payé avec des queues de cerises, du moins entre 20 et 30 ans, parce qu’après, on n’en est un peu fatigué de la précarité et on s’en retourne en France pour passer un capes la plupart du temps. A moins bien entendu d’être tombé sur un emploi a peu près convenable. Certaines légendes urbaines rapportent effectivement que des profs de FLE auraient trouvé un emploi stable. Pour ma part, je n’en ai pas encore rencontré.
 
 
 
COMMENT DEVENIR PROF DE FLE ?
 
Il faut suivre une formation FLE qui ne commence véritablement qu’en master, soit à partir de bac plus 4 et d’une durée de 2 ans. Certaines filières, comme les Lettres et les Langues étrangères, proposent une option FLE en licence. En revanche, l’arrivée en Master FLE ne se fait pas automatiquement. Il faut constituer un dossier et passer un entretien pour être accepté. Vous pouvez effectuer des validations d’acquis si vos études d’origine n’ont rien avoir avec le FLE. Enfin, notez que vous pouvez obtenir votre diplôme par correspondance avec le CNED.
 
Dernier point, levons une petite ambiguïté : les cours dispensés dans le cadre d’un master FLE ne vise pas tant à former des profs qu’à former des formateurs de profs. Saisissez-vous la différence ? Les profs des masters étant des didacticiens, ils enseignent évidemment la didactique. Ils forment donc non des profs mais des didacticiens qui vont former des profs, c’est-à-dire des gens qui, en théorie, doivent prendre leurs relèves à l’université et ainsi devenir formateur de formateurs de profs !
 
 
 
EST-IL POSSIBLE D’INTEGRER LE MASTER FLE SANS AVOIR FAIT LETTRE ?
 
Oui. Même si le gros des troupes vient des lettres et des langues étrangères, il est possible, via une validation d'acquis, de rentrer en master fle si on n'a pas suivi ce genre de filière. Il faut donc constituer un dossier et être particulièrement convaincant sur sa motivation lors de l'entretien. Toutefois, tout cela dépend des universités. J’ai malheureusement l’impression qu’il n’existe aucune norme en la matière.
 
 
 
COMMENT DEVENIR PROF DE FRANÇAIS DANS UN PAYS EN PARTICULIER ?
 
Une amie à moitié Espagnole était dans ce cas. Elle désirait vivre en Espagne tout en étant prof de français. Elle a trouvé la solution : passer un concours pour être prof de français en Espagne. Se faire embaucher par des établissements scolaires du pays visé est effectivement le plus sûr moyen d’y rester. Mais ce n’est pas toujours évident car, malgré les réformes LMD, c’est-à-dire la réforme de l’université visant à harmoniser les diplômes européens, il faut encore passer des diplômes locaux si on veut s’intégrer au pays durablement.
 
 
 
Où TROUVER LES OFFRES D’EMPLOI ?
 
Voici les principaux sites Internet où des petites annonces sont publiées régulièrement :
 
 
 
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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Mardi 21 août 2007


En parcourant le net, je me suis aperçu qu’énormément de monde s’intéresse au FLE et souhaiterais des informations précises à ce sujet. Je vais donc essayer de faire une série sur les questions les plus fréquentes pour apporter les réponses adéquates et surtout pour mettre les points sur les i face à certaines naïvetés bien compréhensibles quand on ne connaît pas le milieu. Je me permettrai de citer des commentaires parus sur des forums pour être le plus concret possible et pour montrer que je ne suis pas le seul à dire ce que je dis. Commençons donc par la seule question qui importe :
 


QUELLES SONT LES PERSPECTIVES D’EMPLOI DANS LE FLE ?
 
Certaines phrases provoquent d’étranges effets sur les individus. Par exemple, si vous lancez cette question au visage d’un prof de FLE, vous verrez soudain s’y former un rictus amère qui se transformera bientôt en rire nerveux et qui s’achèvera par de lourds sanglots. Car la vérité toute nue et sans fard est qu’IL N’Y A PRESQUE PAS DE PERSPECTIVES ! Si l’on entend bien entendu par « perspective » un emploi stable et rémunéré convenablement, parce que si vous entendez par « perspective » une série de stages sans lendemain peu ou pas payés du tout avec le billet d’avion à votre charge (ce dernier point n’est malheureusement pas une plaisanterie), alors là oui, il y a beaucoup de « perspectives » ! Je voudrais ici citer comme exemple le témoignage de Claire Davy en poste à Barcelone que j’ai trouvé sur le forum d’Edufle :
 
« Sur place, nous sommes sous contrat local et le seul critère valable d’ « avancement », est le copinage avec les personnes installées depuis des années et qui ont créé leur petit monde dans lequel il est très difficile d’entrer si on est intègre. La compétence, l’expérience et le diplôme sont loin d’être des critères déterminants.
 Et en France, on ne nous connaît  même pas ! Nous (les profs) ne sommes rattachés a aucun ministère, même si notre institution l’est, aux Affaires Etrangères. Ce qui signifie que nous n’avons aucun recours quand nous voulons nous plaindre de situations qui sont parfois proches de l’exploitation.(je parle du salaire, des conditions de travail, de l’absence de reconnaissance, de l’extrême difficulté a nous exprimer quand quelque chose ne va pas etc...)
 Bref, la précarité est le lot quotidien des profs de Fle et cela m’exaspère quand, lors des sommets de la francophonie, nos dirigeants (de tous bords) parlent de l’importance de la présence culturelle française à l’étranger, et sont complètement indifférents aux conditions de travail des acteurs de cette présence que nous sommes. »

 
On l’aura compris, le principal atout d’un prof de FLE sera son optimisme.
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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Samedi 14 juillet 2007

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Delf ? Dalf ? Au cours de mes études de FLE, aucun prof n’a jamais pris la peine de m’expliquer à quoi renvoyaient ces sigles bizarres. Bien au contraire, tout le monde me donnait du : « Bon, comme je suppose que tout le monde sait ce qu'est le Delf, ce n'est pas la peine de revenir dessus. Je vais donc continuer mon cours tranquillement..."
 
Inutile de vous dire que lorsque j’ai rencontré, lors de mes différents stages, des profs de FLE d’une cinquantaine d’années (qui n'avaient donc pas connu les études de FLE) ils étaient complètement sidérés de voir qu’un étudiant en FLE ignorait totalement ce qu’était le Delf (ainsi que le Cadre de référence européen d'ailleurs).

 
Et il a fallu attendre une formation pour être jury aux examens de ce fameux Delf pour qu’on m’explique enfin de quoi il retournait ! Alors voilà, je vais vous expliquer tout ça.

 
Le Diplôme d’Etudes en Langue Française (DELF) et le Diplôme Approfondi de la Langue Française (DALF) sont deux tests permettant de prouver sa compétence en français. Mais quelle est la différence ? C’est simple, le premier s'applique au niveau débutant et intermédiaire tandis que le second concerne le niveau avancé.
 
Ces diplômes définissent leurs examens par rapport au Cadre de référence européen. C’est un gros pavé écrit par des spécialistes de toute l’Europe pour déterminer quelles sont les compétences à acquérir pour apprendre une langue.
 

Il est sorti de ce travail une classification en trois catégories. Le niveau A pour les débutants, subdivisé en A1 et en A2 ; le niveau B pour les intermédiaires subdivisé en B1 et B2 et enfin le niveau C pour les experts qui est, cela ne vous étonnera pas, subdivisé également en C1 et C2. Plus précisément :
 
  
 
Le niveau A1
 
C'est vraiment le niveau découverte. On n'a presque pas d'exigence pour ce stade. Il s'agit juste de pouvoir réciter des formules toutes faites. En général, toute personne qui tente ce niveau l'obtient car il s'agit principalement de motiver les gens à apprendre le français et, par la même occasion, à dépenser de l'argent pour obtenir ces fameux diplômes (il ne faut pas oublier l'aspect commercial de la chose).
 

Le niveau A2
 
C'est le niveau de survie. On peut se débrouiller dans la vie quotidienne. On peut faire des transactions simples au supermarché par exemple. On a une capacité à décrire. La personne connaît les formules de politesse, peut demander des nouvelles, peut parler de ses loisirs, des activités quotidiennes, de discuter de ce qu’on veut faire, de demander son chemin.  On exige là au moins 200 heures de cours et on estime qu’il doit connaître environ 850 mots.
 
Le niveau B1
 
Alors là ça ne rigole plus ! Le niveau B1 est très important car il marque un véritable fossé avec A1 et A2. C’est le fameux NIVEAU SEUIL ! Encore un truc que tout le monde rabâche sans jamais l’expliquer. Alors le niveau seuil, c’est tout simplement le niveau d’autonomie, estimé à 400 heures de cours.

 
La personne peut faire face aux situations attendues comme aux situations inattendues. Le progrès majeur est donc une capacité d'improvisitation permettant d'affronter tous problèmes de la vie quotidienne. Par exemple, la personne fait face à un contrôleur dans le train sans avoir de billet. Elle est obligée de se justifier très rapidement. Il n’y a pas de temps de préparation pour répondre.

 
Elle fait encore beaucoup de fautes, mais elle peut communiquer. Particulièrement, elle peut justifier son opinion face à un contradicteur, même si elle reste emprisonnée dans un petit nombre de formes syntaxiques. Par ailleurs, on commence à aborder le domaine de l’abstrait car ils doivent rédiger des essais. Ils connaissent les coutumes, les valeurs, les usages de la culture française. J’ai pu noter, à titre personnel, que pas mal de personnes parle très bien le français sans presque rien connaître de la France.
 
 
 
Le niveau B2
 
Le niveau B2 constitue encore un fossé avec le niveau précédent. Il faut connaître environ 4500 mots et il y a 600 à 800 heures de cours. Il y a déjà beaucoup moins de fautes dans ses phrases. Le français est standard et la personne peut parler de sujets généraux et de ses centres d’intérêts. Elle a une capacité à argumenter avec efficacité. Elle peut également comprendre une discussion dans une ambiance bruyante, elle n'exige plus de condition spécifique. Elle a une conscience de ses limites et de ses capacités. Elle arrive à se corriger immédiatement. .
 
 
Le niveau C1
 
Alors là, pour avoir ça, il faut parler presque comme un natif. Ici, il n’est plus question de dire combien de mots ni combien d’heures de cours il faut avoir pour la simple et bonne raison que ce n’est plus que du travail personnel. Malheureusement pour notre ego de prof, personne n’atteindra jamais ce genre de maîtrise entre les quatre murs d’une salle de cours :-(
 
Il s’agit d’utiliser la langue avec finesse et il n’est bien évidemment plus question de faire des fautes énormes. La personne est capable de s’exprimer sur tous les sujets et en plus, elle maîtrise les différents registres de langue comme le registre familier. Elle est capable de faire des analyses fines et de varier les styles. La caractéristique du niveau C, c’est l’aisance et la spontanéité. La personne ne se contente plus de parler en français, elle pense en français !
 
 
Le niveau C2
 
Le C2 est le niveau quasi-natif mais avec la culture en plus ! C’est d’ailleurs ce qui pose un grave problème. Les épreuves ici sont d’un niveau intellectuel très avancé puisqu’il faut rédiger des dissertations mais également discuter avec des contradicteurs qui sont en général des profs de facs ! Bref, on ne mesure plus la capacité à parler le français, mais la capacité à exécuter certains exercices (comme la dissertation ou la discussion argumentée) qui n'ont rien avoir avec le français. On peut dire que le C2 mesure plus le QI qu'autre chose. J'ai connu des gens de niveau C1 capable de lire Gracq ou Proust qui refusaient de passer le C2 à cause de sa difficulté, non pas au niveau du français, mais au  niveau intellectuel !
par Max Cofler publié dans : FLE ? Questions fréquentes
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