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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 12:10


 


Avant de créer un blog de classe, vous devez tout d’abord vous interroger sur le contexte dans lequel vous exercerez. Trois cas de figures peuvent se présenter. Premier cas : vous disposez d’un accès à Internet dans la salle d’enseignement, ce qui vous permet d’utiliser votre blog comme plateforme de travail durant vos cours. Cette situation est cependant tout à fait exceptionnelle.

 


Deuxième cas : une majorité de vos apprenants possèdent une ligne Internet privée, ceci rend l’usage de votre blog facultatif pour respecter une égalité de traitement entre ceux qui ont accès au net et ceux qui n’y ont pas accès. Cette situation se retrouve dans les pays développés ou auprès de public aisé.

 


Troisième cas de figure : aucun de vos étudiants n’a l’opportunité d’accéder au réseau, ce qui limitera considérablement l’usage que vous pourrez faire du blog, voire vous poussera à abandonner l’idée.

 


Dans les deux premier cas, vous pouvez tout d’abord sélectionner une série d’exercices que vous trouverez en abondance sur les sites de références comme le point du FLE. Vous pouvez classer ces exercices selon plusieurs critères : la nature de l’exercice (grammaire, culture française, interculturel, etc.), la nature de la compétence travaillée (compréhension écrite, compréhension orale, expression écrite, expression orale), le niveau de l’apprenant (A1, A2, B1, B2, C1, C2), etc.


 

Malheureusement, la pertinence des exercices proposés par ses sites est souvent réduite puisqu’il s’agit la plupart du temps de textes à trous ou d’exercices de grammaire, ce qui ne fait que répéter ce qui existe déjà dans les manuels. Dès lors, pourquoi aller sur Internet faire ce que permet déjà un simple manuel ? Il semble plus judicieux d’exploiter toutes les potentialités du net.

 


En l’occurrence, le net fournit un accès illimité aux documents audio et vidéo. En ce qui concerne les documents audio, vous pouvez par exemple exploiter le site Gabfle de Gabrielle. Cette dernière est une enseignante de FLE qui réalise et met en ligne des interviews ainsi que leurs transcriptions. Vous disposez ainsi d’un ensemble de documents authentiques de première main classé selon les niveaux du CECR. Pour ce qui est des vidéos, vous pouvez faire votre propre sélection sur Youtube ou Dailymotion.

 


Enfin, soulignons que le web est la promesse d’une interaction authentique. En effet, bien que qualifié de « monde virtuel », le réseau permet de rentrer en contact avec des locuteurs francophones bien réels via les courriels et les commentaires. Et dans la mesure où les blogs prennent pour cadre une communauté, c’est-à-dire un ensemble d’individus partageant un même centre d’intérêt, les internautes avec qui vous pourrez entrer en communication seront évidemment des apprenants réalisant également des blogs de classe dans un établissement d’un autre pays. Néanmoins, il faudra que vous vous concertiez avec l’enseignant de l’autre blog pour éviter aux apprenants de tourner en rond dans de vaines discussions .

 


Par exemple, vous pouvez travailler sur la production écrite. Dans la mesure où le format du blog est l’article, c’est-à-dire des petits textes qui se succèdent, il serait pertinent de mobiliser les étudiants sur des histoires à plusieurs voix, c’est-à-dire constitués de plusieurs fils scénaristiques qui s’entrecroisent sous la forme de petits textes durant tout le récit. La rédaction de cette histoire prendrait la forme de petits groupes travaillant chacun sur un fil scénaristique. Ainsi, il se constituera petit à petit une histoire complète. On peut imaginer également un récit du type "histoire dont vous êtes le héros" constitué d'une multitude de liens hypertextes renvoyant vers des suites alternatives.


 

 

Bref, la plasticité du blog permet beaucoup de choses. A vous d'inventer ce qui vous plaît.





 

Pour commencer l'atelier, cliquez sur le premier lien ci-dessous :

 

5.1/ Créer un blog sur overblog


5.2/ Ecrire un article sous overblog




 


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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 12:09


5.1.1/ Allez sur la page principale d'overblog :
overblog.com et cliquez sur Créer un blog !







5.1.2/  Remplissez la page de renseignements qui s'affiche. Pensez bien au nom d'auteur qui apparaîtra sur votre blog. Voulez que ce soit votre véritable nom ou un pseudonyme ? De plus, choisissez soigneusement le nom de votre blog pour qu'il soit vraiment représentatif de ce que vous envisagez de faire.






5.1.3/ Un message s'affiche vous invitant à consulter votre boîte mail. Faites le :







5.1.4/ Cliquez sur le lien contenu dans le message envoyé par overblog dans votre messagerie :







5.1.5/ Overblog vous demande alors de taper un code à 3 caractères afin de confirmer votre inscription :








5.1.6/ Le message Votre blog vient d'être créé ! s'affiche. Vous pouvez désormais vous rendre sur over-blog.com pour commencer à créer votre blog grâce au lien contenu dans ce message :






Passez à l'étape suivante :







5/ Que faire d'un blog de classe en FLE ?

5.1/ Créer un blog sur overblog


5.2/ Ecrire un article sous overblog


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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 12:08



5.2.1/ Allez sur le site d'overblog et connectez vous en tapant votre courriel et votre mot de passe en haut à droite :







5.2.2/ La page d'acceuil s'affiche. Cliquez sur Publier un article :






5.2.3/ Un espace de travail s'affiche dans laquelle vous pouvez rédiger un texte. La fonction intéressante ici est celle des liens  hypertextes, c'est-à-dire des mots apparaissant en bleu et permettant de se rendre sur d'autres pages web.

Pour créer un lien, tapez son titre dans le corps du texte (ex : Le point du FLE), sélectionnez ces mots en maintenant appuyé clique gauche et en tirant pour faire apparaître les mots en bleus comme ci-dessous. Puis, cliquez sur Ajouter un lien :






5.2.4/ Dans la fenêtre qui apparaît, cliquez sur Lien externe à mon blog. Puis, juste en dessous, tapez ou collez l'adresse qui vous intéresse. Enfin, cliquez sur Valider. Vous pouvez ainsi renvoyer à des pages web ou des vidéos sur dailymotion.






5.2.5/ Le lien doit apparaître comme ci-dessous :






5.2.6/ Enfin, lorsque vous avez terminé votre article, descendez tout en bas à droite et cliquez sur Prévisualisez pour avoir un aperçu de votre article tel qu'il apparaîtra sur internet ou cliquez sur Publiez si vous voulez mettre en ligne votre travail :







5/ Que faire d'un blog de classe en FLE ?

5.1/ Créer un blog sur overblog


5.2/ Ecrire un article sous overblog




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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 11:10


6.1.1/ Pour ouvrir Open Office Impress, faites Démarrer > Tous les programmes > OpenOffice.org 2.4 > OpenOffice.org Impress. La fenêtre suivante s'affiche. Cliquez sur Suivant en bas à droite :






6.1.2/ Dans la fenêtre suivante, vous pouvez choisir de créer votre diaporama à partir d'une feuille blanche ou bien à partir d'un modèle. Cliquez dans le rond situé devant A partir d'un modèle, puis choisissez l'arrière-plan de présentation. Cliquez sur Suivant :






6.1.3/ Dans la fenêtre n°2, choisissez le média de sortie, ici, Diapo. Puis, cliquez sur Suivant :






6.1.4/ Dans la fenêtre n°3, choisissez l'effet de transition entre chaque diapo. Une démonstration dans l'aperçu vous aidera à choisir. Cliquez ensuite sur Suivant :






6.1.5/ Toujours dans l'étape n°3, choisissez la vitesse du défilement automatique des diapos :






6.1.6/ Choisissez le Type de présentation, Standard ou Automatique. Cliquez sur Suivant :






6.1.7/ A l'étape n°4, vous pouvez indiquer votre nom ainsi que le titre de votre présentation. Ces éléments seront automatiquement intégrés à votre diaporama. Cliquez sur Suivant :






6.1.8/ Vous parvenez à la dernière étape, l'étape n°5, cliquez sur Créer :






Passer à l'étape suivante :






6.1/ Créer un diaporama sous Open Office

6.2/ Choisir la disposition d'une diapo sous Open Office Impress

6.3/ Insérer une image dans un diaporama Open Office Impress





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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 11:09


6.2.1/ Un écran similaire à celui ci-dessous s'affiche :






6.2.2/ La colonne de droite vous propose plusieurs dispositions. Il vous suffit de cliquer sur l'une de ces icônes pour que votre diapo soit automatiquement modifiée. Nous allons choisir la première icône, il s'agit d'une feuille vierge vous laissant toute liberté pour organiser votre diapo :






6.2.3/ Cliquez sur l'icône T (texte) en bas à gauche de l'écran. Le curseur change de forme, maintenez clique gauche sur la page blanche et tirez. Vous tracez ainsi un rectangle dans lequel vous pourrez écrire un texte :







6.2.4/ Pour déplacer le texte, double cliquez sur celui-ci. Un encadré de ce type apparaît. Placez le curseur sur le bord du cadre, il se transforme alors en croix vous permettant de déplacer le cadre où vous le souhaitez en maintenant appuyé clique gauche :






6.2.5/ En placant la croix sur le cadre et en cliquant une fois dessus, des carrés verts apparaîssent et vous permettent de modifier la dimension du cadre :






Passez à l'étape suivante :






6.1/ Créer un diaporama sous Open Office

6.2/ Choisir la disposition d'une diapo sous Open Office Impress

6.3/ Insérer une image dans un diaporama Open Office Impress





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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 11:08


6.3.1/ Pour insérer une image, suivez le chemin Insertion > Image > A partir d'un fichier :







6.3.2/ La fenêtre Insérer une image s'affiche. Pour voir vos images en miniature, cliquez sur l'icône entourée en rouge ci-dessous et sélectionnez Miniatures :






6.3.3/ Choisissez l'image qui vous convient et double cliquez dessus :






6.3.4/ L'image apparaît en tout petit au milieu de l'écran. C'est normal. Agrandissez l'image avec les carrés verts.






6.3.5/ Agrandissez l'image jusqu'à ce qu'elle occupe toute la page. Si votre texte disparaît, faites clique droit sur l'image et Organiser > Tout à l'arrière :






6.1/ Créer un diaporama sous Open Office

6.2/ Choisir la disposition d'une diapo sous Open Office Impress

6.3/ Insérer une image dans un diaporama Open Office Impress


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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 09:53


 


Si vous échouez sur cette page, c'est que vous cherchez des exemples et des conseils pour rédiger CV et lettres de motivation. Mais comme vous avez pu le constater, trouver ce genre d'informations se révèle étonnamment ardu. Car les mots clés « CV » ou « lettre de motivation » ramènent parfois des résultats curieux.

 

Mon préféré, c'est lorsque vous tapez juste « CV » sur Google et que tout de suite apparaît un « Résultats d'image pour CV ». Vous cliquez dessus plein d'espoir et vous tombez sur le CV d'un certain Jan Kowalsky rédigé en polonais !

 

 


Mais à part ces liens non dénués d'humour, la plupart du temps, vous êtes immédiatement dirigé (avec compassion) sur des sites commerciaux où des « experts » vous dispensent leurs conseils avec la parcimonie d'un compte-goutte écossais.

 

 

On l'aura compris, étant donné la tension existant sur le marché de l'emploi en France, certaines personnes exploitent sans vergogne la peur du chômage qui règne parmi nous. Ils ont donc créé tout un marché, apparemment lucratif, autour de la rédaction de CV et de lettre de motivation.

 

 

 


Dans ce contexte, la stratégie commerciale adoptée par ces sites consiste à organiser la rareté de l'information sur ce sujet et de laisser sous-entendre qu'il existerait des « trucs » infaillibles ne se transmettant qu'entre initiés. Autrement dit, on appâte le pigeon par des conseils de bon sens en lui faisant croire par ailleurs à l'existence de formule magique ouvrant grand les portes de l'emploi, à cette seule condition de payer bien sûr.

 

 


Cependant, jusqu'à preuve du contraire, aucune recette magique ni aucune connaissance ésotérique n'a permis à qui que ce soit d'écrire LE CV ou LA lettre de motivation permettant de décrocher un emploi à coup sûr. Pour s'en convaincre, il suffit juste d'adopter un bref instant le point de vue du recruteur. Ce dernier reçoit plusieurs semi-remorques de CV par jour qui véhiculent tous le même message : « Employez-moi, je suis le meilleur ! ». C'est tout. Et dans cette masse, il est bien difficile de se distinguer, à moins de mentir effrontément en s'inventant des postes au MIT ou à Harvard.

 

 


Donc, pour ma part, je fais l'hypothèse que vous disposez déjà de toutes les qualités nécessaires pour rédiger ces documents, simplement, il semble que vous n'ayez pas très confiance en vous. C'est très mal. Soyez arrogant, fière et méprisant, surtout vis-à-vis des profiteurs qui veulent faire du fric avec vos angoisses. Par conséquent, je ne ferais sur le sujet que quelques remarques, tout en sachant que je n'ai pas la science infuse et que personne ne l'a.

 

 


D'abord, d'une manière générale, le CV a pour fonction de dessiner un profil correspondant à un poste. Je ne sais pas si vous voyez les jeux pour enfants où il s'agit de faire rentrer un carré dans un trou carré, une étoile dans un trou en étoile, un rectangle dans un trou en rectangle, etc. ? Parce que c'est à peu près ça qu'il s'agit de faire. Vous devez faire rentrer vos compétences dans le poste, mais si ça n'a pas la même forme, ça ne rentrera pas et c'est pas la peine de forcer !

 

 


Par conséquent, si vous postulez pour être tuteur dans une université, vos expériences avec les enfants apparaîtront quelque peu hors sujet dans la mesure où le public universitaire est généralement propre et peut aller tout seul aux toilettes. Et encore là, il peut y avoir un rapport avec l'enseignement, mais que dire des expériences qui n'ont pour le coup plus rien avoir du tout avec le poste, comme des expériences dans le secrétariat ou la culture maraîchère. Si une université recherchait une secrétaire ou un maraîcher, croyez bien qu'elle se serait fendue d'une seconde annonce pour le poste !

 

 


Ensuite, sur la forme du CV, personnellement, j'ai laissé tomber la présentation chronologique car elle n'a aucun sens. Or il s'agit précisément de donner du sens à votre CV par rapport à l'emploi proposé. Ainsi, je rédige mon CV par compétence. Là, il est bien difficile de dire quelles compétences mentionnées car cela dépend complètement de votre parcours et de l'emploi auquel vous postulez.

 

 

Par exemple, si vous postulez pour une alliance française, le profil sera généraliste. Il vous faudra donc indiquer vos expériences avec les enfants, les adolescents, les adultes, les entreprises, etc. Chacun de ces éléments formant une rubrique plus ou moins fournie de votre CV.

 

 


Autrement, comme l'indique Foxtrot dans Y'a-t-il des trucs et astuces pour un CV de prof de FLE ? sur son Fle z'merveilles, vous pouvez organiser votre CV selon les quatre compétences classiques : avez-vous une expérience particulière dans l'enseignement de l'expression orale (théâtre ?) ? l'expression écrite (cours de dissertation ?) ? la compréhension orale ? la compréhension écrite ? Avez-vous une expérience d'examinateur (particulièrement pour le Delf) ?

 

 

On l'oublie souvent, mais une rubrique « Expérience d'examinateur » a toute sa place dans un CV de prof. Mais c'est à vous d'être créatif pour trouver les rubriques qui vous correspondent le mieux. Par ailleurs, faites en sorte que les rubriques de votre CV soient illustrées de manière très concrète en indiquant par exemple les manuels que vous avez utilisés dans vos cours.

 

 


Enfin, je finirai par le conseil le plus important que j'ai à vous donner : ce n'est pas à vous mais à l'employeur de décider si vous êtes fait pour le poste ou non. Je vois trop de gens qui se disqualifie eux-mêmes d'entrée de jeu en disant : « De toute façon, je ne serais jamais pris ! » Ca, c'est du défaitisme éhonté ! On ne sait jamais ce qui peut se passer.

 

Par exemple, il se peut que les employeurs aient du mal à trouver une personne correspondant exactement au poste et ils vont alors prendre celle qui s'en rapproche le plus, et cette personne sera peut-être vous ! Donc pas de défaitisme. Envoyez vos CV sans hésitation. Et par-dessus tout : croyez en vous-mêmes !

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 09:38



Comme je l'ai indiqué dans Pourquoi les natifs sont-ils nuls en grammaire ?, l'expérience doit nous amener à concevoir le rapport qu'entretient le natif avec sa langue maternelle non pas sous la forme d'un système ordonné de règles grammaticales qui s'appliquerait mécaniquement, mais bien plutôt sous la forme d'une intuition d'ordre linguistique. Cette dernière se manifestant dans l'instantanéité d'une réponse réflexe et, par là, s'opposerait aux multiples médiations imposées par un discours métalinguistique comme la grammaire.



L'allophone dispose également d'une intuition linguistique qui s'applique évidemment à sa langue maternelle. Le problème est alors qu'au commencement de son apprentissage, il va percevoir les phénomènes langagiers à travers le prisme linguistique s'appliquant à sa langue maternelle, d'où l'influence évidente de cette dernière sur l'apparition des erreurs. Bien entendu, après avoir intégré un certain nombre de données, il développera alors sa propre intuition de la langue cible.



Le problème est ici de savoir si l'intuition linguistique de l'allophone en fin d'apprentissage est exactement la même que celle du natif. Autrement dit, les perspectives du natif et de l'allophone étant distinctes en début d'apprentissage, pourquoi ne pas imaginer qu'elles le soient également en fin d'apprentissage ? Tout en sachant que j'appelle ici « perspective » cet alliage complexe d'intuitions linguistiques de la L1 et de la L2 associé au discours grammatical s'appliquant à l'une et à l'autre. On peut donc se demander si natifs et allophones intuitionnent littéralement la même langue française.



On peut légitimement se poser la question dans la mesure où allophone et natif n'ont pas parcouru exactement le même chemin, ni utilisé les mêmes outils pour maîtriser la langue cible. Pour prendre une métaphore, c'est comme si deux voyageurs quittaient leurs villes respectives pour se diriger vers Paris, mais le premier partant du nord et le second du sud, lorsqu'ils verraient tous deux leur destination apparaître au loin, ils observeraient certes le même objet, Paris, mais n'occupant pas le même point de vue, chacun aurait une vision complètement différentes de la capitale.



Par exemple, une Roumaine de niveau C2 m'a un jour expliqué comment on lui avait enseigné le fonctionnement de certains articles et de certaines prépositions en français. Je serais bien incapable de reproduire exactement l'explication, car elle est à peu près incompréhensible pour un Français, mais le fonctionnement général était clair : associer telle préposition ou tel article à tel cas.

 

 

Bien entendu, la réflexion qui vient immédiatement à l'esprit est : « Mais, il n'y a pas de cas en français ! ». Certes, mais il y en a en roumain, et visiblement, ses profs transposaient certains cas de la langue roumaine sur le français pour expliquer les subtilités du fonctionnement des articles et des prépositions.



Vous avouerez qu'il s'agit là d'une belle différence de perspective sur le fonctionnement du français qui ne peut s'expliquer que de deux manières. Ou bien l'apposition des cas sur le français relève de la simple analogie pédagogique afin d'expliquer le fonctionnement des articles et des prépositions à des apprenants dont la L1 est une langue à cas. Ou bien l'explication métalinguistique proposée manifeste un véritable décalage par rapport à la vision du natif.

 

 

Ce qui ouvrirait la possibilité tourneboulante d'un regard proprement allophone sur la langue française, c'est-à-dire d'un point de vue qui pourrait, dans une certaine mesure, projeter la vision grammaticale de la langue maternelle sur le français. Permettant ainsi à un allophone de voir des cas en français là où le natif ne percevrait qu'une innocente préposition.



Ainsi, lorsque vous discutez avec un étranger qui s'exprime dans un français parfait, peut-être qu'en réalité, derrière cette perfection se cache un système linguistique qui s'écarte légèrement du vôtre par certains aspects. Et comme aucune erreur n'est commise, il serait impossible de s'en apercevoir. Mais pour pouvoir définitivement infirmer ou confirmer cette étrange hypothèse, il faudrait savoir ce qui se passe dans la tête des allophones, ce qui n'est jamais très évident.

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 09:51

 

 

 

 

Voilà une égalité qui s'établit souvent dans pas mal de tête : prof de FLE = natif. Certes, l'équation peut apparaître comme logique au premier abord. Si je veux apprendre le français, je ne vais en aucun cas m'adresser à un ressortissant de Turquie, de Chine ou de Papouasie, et encore moins à ceux qui viendraient de contrées encore plus exotiques comme Mars, Pluton ou le Royaume-Uni. Non, je vais forcément faire appel à un vrai Français de France labellisé origine contrôlée (j'informe les plus vicieux d'entre vous que je n'indiquerai pas où on colle la pastille rouge).



Mais en ne jurant que par l'origine française de l'enseignant, on donne dans un fâcheux préjugé consistant à dénigrer injustement les profs allophones et à placer le prof natif sur un illégitime piédestal. En vérité, je crois que tout « professionnel de la profession » sera d'accord pour relativiser l'idée fort répandue voulant qu'un bon enseignant de FLE soit nécessairement un natif. Car les profs natifs ne sont pas sans défauts ni les profs allophones sans qualités.

 

 


Ainsi, des profs de FLE tout à fait compétents, tant sur le plan de l'enseignement que de la langue, m'ont rapporté que leur CV avait été maintes fois recalé sur ce seul fait qu'ils avaient l'impardonnable défaut de ne pas être Français. Et ils ont eu beau présenter leurs plus plates excuses dans un français que n'aurait pas renié Molière, rien n'y a fait.



Le problème est qu'au lieu de juger les gens sur leurs compétences réelles, on les sélectionne d'après la possession ou non d'un bout de papier. Et c'est ainsi qu'on arrive à des situations absurdes où des employeurs refusent des profs allophones compétents et embauchent des natifs incompétents.

 

 


L'erreur de ces recruteurs, très classique, très tenace, est de considérer qu'avoir la langue française comme langue maternelle s'avère nécessaire et suffisant pour enseigner le français. Mais ils semblent ignorer complètement que la compétence essentielle à un prof de langue, ce n'est pas seulement la langue en elle-même, mais c'est aussi la compétence pédagogique. Et le fait d'être natif ou allophone n'a absolument aucune incidence sur ce point.



Ainsi, au lieu de se poser la vraie question : cette personne est-elle un bon prof ? On se pose cette question absurde : cette personne est-elle française ou non ? Alors même qu'à l'évidence, entre un prof allophone disposant d'une grande expertise de l'enseignement du FLE et un natif sans expérience, il faut évidemment choisir le premier plutôt que le second.

 

 


En réalité, les profs allophones et natifs ont chacun leurs défauts et leurs qualités et, selon l'objectif, il vaudra mieux utiliser l'un plutôt que l'autre. Par exemple, s'il s'agit de dispenser des cours de conversation, le natif se révèle alors imbattable. Il sait mieux que quiconque faire la part entre les phrases qui se « disent en français » et celles qui ne se « disent pas en français ». Il apparaît également comme le meilleur pour expliquer les différents registres de langue. Bref, il est le plus performant en ce qui concerne le français oral et contemporain.

 

 


En revanche, en ce qui concerne d'autres compétences, comme l'enseignement de la grammaire, c'est-à-dire l'explicitation du fonctionnement d'une langue via un métalangage, je ne suis pas du tout sûr que le prof natif soit plus performant que l'allophone.



Et je suis même à peu près convaincu du contraire. Car l'enseignant allophone a un regard sur la langue française beaucoup plus objectif, donc plus à même d'être explicatif, que le prof Français qui restera toujours plus ou moins englué dans sa langue maternelle.

 

 


Et sans même parler de la maîtrise de la langue, les enseignants allophones peuvent faire valoir ce simple fait d'avoir déjà vécus ce qu'ont vécu et ce que vont vivre les apprenants. Ils possèdent donc, par rapport aux profs natifs, l'incomparable avantage d'avoir fait l'expérience d'apprendre le français en tant que L2.



Ils ont par conséquent bien plus de facilité à se mettre dans la peau de leurs apprenants. Ce phénomène étant décuplé si la langue maternelle du prof est identique à celle des apprenants.



Dans ces conditions, l'enseignant peut savoir a priori quelles erreurs les apprenants vont commettre et donc les traiter très en amont. Dans les mêmes conditions, le prof natif sera complètement insensible aux influences de la L1 sur la L2, à moins de maîtriser la langue maternelle des apprenants.Mais ceci n'est pas toujours possible, dans ce cas, le prof natif ne pourra résoudre les problèmes linguistiques des apprenants que plus difficilement.



Ainsi, les profs allophones n'ont donc pas à rougir de leurs compétences, bien au contraire. Et certains employeurs ne devraient ni avoir une si haute opinion des profs natifs, ni une si mauvaise des profs allophones.

 

 


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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 09:05

 



Je voudrais ici répondre à une question posé par Cecilia qui s'étonnait, à juste titre d'ailleurs, que je mette natif et prof de FLE dans le même panier dans Pourquoi les natifs sont-ils nuls en grammaire ?

 


En résumé, j'exprimai le malaise que je ressentais parfois à faire face à certaines questions de grammaire peu orthodoxes de la part de mes élèves. Pour comprendre cette gêne, j'expliquai que les connaissances langagières du natif s'enracinaient dans un socle d'intuitions linguistiques acquis depuis la petite enfance.



Le savoir langagier étant ainsi intégré à un niveau inconscient dans l'esprit du natif, on peut supposer que les règles utilisées pour constituer des phrases bien formées existent sous la forme d'intuitions linguistiques. Et ces dernières se révèlent être un avantage précieux pour le locuteur natif en le dispensant de monopoliser ses ressources mentales sur les moyens de structurer son discours.




Cependant, ce système possède des zones d'ombre car du fait de ce rapport immédiat avec sa langue, le natif ne dispose pas du recul nécessaire pour pouvoir saisir sa langue comme un objet. Autrement dit, le natif éprouve quelques embarras à occuper le point de vue d'un observateur impartial qui pourrait analyser les mécanismes linguistiques de sa langue.



Par conséquent, si l'intérêt de l'intuition linguistique repose dans l'immédiateté de son jugement quant à la grammaticalité d'un énoncé, son défaut apparaît dans une limitation de la réflexion sur la langue du fait des phénomènes se trouvant hors du champ perceptif du natif.

 



Il semble indéniable que ceci s'applique à tout natif, mais la question, fort logique, que pose Cécilia est alors de savoir si cette incapacité s'applique au prof de FLE, dont le métier est précisément d'enseigner sa langue maternelle. En d'autres termes, la question est : les profs de FLE sont-ils des natifs comme les autres ?




Pour ma part, j'avoue que je n'ai pas l'impression qu'une différence de nature me sépare d'un locuteur natif ordinaire. Il y a bien une différence de degré dans ma connaissance de la langue française dans la mesure où, étant face à des élèves, je suis forcé d'être un peu au point sur la grammaire.


 


Cependant, je me rends de plus en plus compte que je ne peux être opérationnel que sur les points de grammaire étudiés dans les grammaires ou les ouvrages de linguistiques. Mais dès que les élèves me font sortir des sentiers battus, je suis complètement paumé.




J'ai eu le cas récemment d'élèves me demandant de préparer une leçon sur les verbes à préposition : quand utilise-t-on de, à, pour, etc. devant un verbe ? D'abord, je ne m'étais jamais rendu compte de ce phénomène qui se rapproche des verbes à particules en anglais. Encore une fois, un phénomène pourtant évident qui passe complètement inaperçu de la plupart des natifs.


 


J'ai donc voulu faire mon boulot correctement, je suis allé consulter les ressources disponibles dans les grammaires et sur le net. La seule chose que j'ai trouvée est une liste de verbes accompagnés de leurs prépositions, le tout sans aucune explication. Du coup, je me demande si l'absence d'explication vient du fait qu'il n'y en a objectivement aucune, et qu'il faut par conséquent apprendre par coeur les verbes avec leurs prépositions. Ou bien si ces explications existent, mais pour les raisons que je viens d'avancer, elles ne peuvent pas être formulées par les natifs.


 


Je n'ai pas encore d'avis définitif sur le sujet, mais je me demande tout de même si un prof de FLE peut dépasser sa condition de natif, c'est-à-dire s'il est en capacité de ne plus avoir un rapport intuitif avec sa langue, mais d'avoir un rapport objectif et analytique.

 

 

 

Evidemment, tant que nous restons entre gens de bonne compagnie, c'est-à-dire entre natifs, cette interrogation n'a absolument aucune consistance. Mais à partir du moment où les apprenants commencent à vous poser des colles, c'est-à-dire lorsqu'ils ont assimilé la grammaire classique, et que, par ailleurs, vous vous rendez compte que tout le savoir grammatical que vous avez dans le crâne ne sert à rien pour affronter ces colles, la question devient très concrète.

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