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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 09:53


 


Si vous échouez sur cette page, c'est que vous cherchez des exemples et des conseils pour rédiger CV et lettres de motivation. Mais comme vous avez pu le constater, trouver ce genre d'informations se révèle étonnamment ardu. Car les mots clés « CV » ou « lettre de motivation » ramènent parfois des résultats curieux.

 

Mon préféré, c'est lorsque vous tapez juste « CV » sur Google et que tout de suite apparaît un « Résultats d'image pour CV ». Vous cliquez dessus plein d'espoir et vous tombez sur le CV d'un certain Jan Kowalsky rédigé en polonais !

 

 


Mais à part ces liens non dénués d'humour, la plupart du temps, vous êtes immédiatement dirigé (avec compassion) sur des sites commerciaux où des « experts » vous dispensent leurs conseils avec la parcimonie d'un compte-goutte écossais.

 

 

On l'aura compris, étant donné la tension existant sur le marché de l'emploi en France, certaines personnes exploitent sans vergogne la peur du chômage qui règne parmi nous. Ils ont donc créé tout un marché, apparemment lucratif, autour de la rédaction de CV et de lettre de motivation.

 

 

 


Dans ce contexte, la stratégie commerciale adoptée par ces sites consiste à organiser la rareté de l'information sur ce sujet et de laisser sous-entendre qu'il existerait des « trucs » infaillibles ne se transmettant qu'entre initiés. Autrement dit, on appâte le pigeon par des conseils de bon sens en lui faisant croire par ailleurs à l'existence de formule magique ouvrant grand les portes de l'emploi, à cette seule condition de payer bien sûr.

 

 


Cependant, jusqu'à preuve du contraire, aucune recette magique ni aucune connaissance ésotérique n'a permis à qui que ce soit d'écrire LE CV ou LA lettre de motivation permettant de décrocher un emploi à coup sûr. Pour s'en convaincre, il suffit juste d'adopter un bref instant le point de vue du recruteur. Ce dernier reçoit plusieurs semi-remorques de CV par jour qui véhiculent tous le même message : « Employez-moi, je suis le meilleur ! ». C'est tout. Et dans cette masse, il est bien difficile de se distinguer, à moins de mentir effrontément en s'inventant des postes au MIT ou à Harvard.

 

 


Donc, pour ma part, je fais l'hypothèse que vous disposez déjà de toutes les qualités nécessaires pour rédiger ces documents, simplement, il semble que vous n'ayez pas très confiance en vous. C'est très mal. Soyez arrogant, fière et méprisant, surtout vis-à-vis des profiteurs qui veulent faire du fric avec vos angoisses. Par conséquent, je ne ferais sur le sujet que quelques remarques, tout en sachant que je n'ai pas la science infuse et que personne ne l'a.

 

 


D'abord, d'une manière générale, le CV a pour fonction de dessiner un profil correspondant à un poste. Je ne sais pas si vous voyez les jeux pour enfants où il s'agit de faire rentrer un carré dans un trou carré, une étoile dans un trou en étoile, un rectangle dans un trou en rectangle, etc. ? Parce que c'est à peu près ça qu'il s'agit de faire. Vous devez faire rentrer vos compétences dans le poste, mais si ça n'a pas la même forme, ça ne rentrera pas et c'est pas la peine de forcer !

 

 


Par conséquent, si vous postulez pour être tuteur dans une université, vos expériences avec les enfants apparaîtront quelque peu hors sujet dans la mesure où le public universitaire est généralement propre et peut aller tout seul aux toilettes. Et encore là, il peut y avoir un rapport avec l'enseignement, mais que dire des expériences qui n'ont pour le coup plus rien avoir du tout avec le poste, comme des expériences dans le secrétariat ou la culture maraîchère. Si une université recherchait une secrétaire ou un maraîcher, croyez bien qu'elle se serait fendue d'une seconde annonce pour le poste !

 

 


Ensuite, sur la forme du CV, personnellement, j'ai laissé tomber la présentation chronologique car elle n'a aucun sens. Or il s'agit précisément de donner du sens à votre CV par rapport à l'emploi proposé. Ainsi, je rédige mon CV par compétence. Là, il est bien difficile de dire quelles compétences mentionnées car cela dépend complètement de votre parcours et de l'emploi auquel vous postulez.

 

 

Par exemple, si vous postulez pour une alliance française, le profil sera généraliste. Il vous faudra donc indiquer vos expériences avec les enfants, les adolescents, les adultes, les entreprises, etc. Chacun de ces éléments formant une rubrique plus ou moins fournie de votre CV.

 

 


Autrement, comme l'indique Foxtrot dans Y'a-t-il des trucs et astuces pour un CV de prof de FLE ? sur son Fle z'merveilles, vous pouvez organiser votre CV selon les quatre compétences classiques : avez-vous une expérience particulière dans l'enseignement de l'expression orale (théâtre ?) ? l'expression écrite (cours de dissertation ?) ? la compréhension orale ? la compréhension écrite ? Avez-vous une expérience d'examinateur (particulièrement pour le Delf) ?

 

 

On l'oublie souvent, mais une rubrique « Expérience d'examinateur » a toute sa place dans un CV de prof. Mais c'est à vous d'être créatif pour trouver les rubriques qui vous correspondent le mieux. Par ailleurs, faites en sorte que les rubriques de votre CV soient illustrées de manière très concrète en indiquant par exemple les manuels que vous avez utilisés dans vos cours.

 

 


Enfin, je finirai par le conseil le plus important que j'ai à vous donner : ce n'est pas à vous mais à l'employeur de décider si vous êtes fait pour le poste ou non. Je vois trop de gens qui se disqualifie eux-mêmes d'entrée de jeu en disant : « De toute façon, je ne serais jamais pris ! » Ca, c'est du défaitisme éhonté ! On ne sait jamais ce qui peut se passer.

 

Par exemple, il se peut que les employeurs aient du mal à trouver une personne correspondant exactement au poste et ils vont alors prendre celle qui s'en rapproche le plus, et cette personne sera peut-être vous ! Donc pas de défaitisme. Envoyez vos CV sans hésitation. Et par-dessus tout : croyez en vous-mêmes !

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 09:51

 

 

 

 

Voilà une égalité qui s'établit souvent dans pas mal de tête : prof de FLE = natif. Certes, l'équation peut apparaître comme logique au premier abord. Si je veux apprendre le français, je ne vais en aucun cas m'adresser à un ressortissant de Turquie, de Chine ou de Papouasie, et encore moins à ceux qui viendraient de contrées encore plus exotiques comme Mars, Pluton ou le Royaume-Uni. Non, je vais forcément faire appel à un vrai Français de France labellisé origine contrôlée (j'informe les plus vicieux d'entre vous que je n'indiquerai pas où on colle la pastille rouge).



Mais en ne jurant que par l'origine française de l'enseignant, on donne dans un fâcheux préjugé consistant à dénigrer injustement les profs allophones et à placer le prof natif sur un illégitime piédestal. En vérité, je crois que tout « professionnel de la profession » sera d'accord pour relativiser l'idée fort répandue voulant qu'un bon enseignant de FLE soit nécessairement un natif. Car les profs natifs ne sont pas sans défauts ni les profs allophones sans qualités.

 

 


Ainsi, des profs de FLE tout à fait compétents, tant sur le plan de l'enseignement que de la langue, m'ont rapporté que leur CV avait été maintes fois recalé sur ce seul fait qu'ils avaient l'impardonnable défaut de ne pas être Français. Et ils ont eu beau présenter leurs plus plates excuses dans un français que n'aurait pas renié Molière, rien n'y a fait.



Le problème est qu'au lieu de juger les gens sur leurs compétences réelles, on les sélectionne d'après la possession ou non d'un bout de papier. Et c'est ainsi qu'on arrive à des situations absurdes où des employeurs refusent des profs allophones compétents et embauchent des natifs incompétents.

 

 


L'erreur de ces recruteurs, très classique, très tenace, est de considérer qu'avoir la langue française comme langue maternelle s'avère nécessaire et suffisant pour enseigner le français. Mais ils semblent ignorer complètement que la compétence essentielle à un prof de langue, ce n'est pas seulement la langue en elle-même, mais c'est aussi la compétence pédagogique. Et le fait d'être natif ou allophone n'a absolument aucune incidence sur ce point.



Ainsi, au lieu de se poser la vraie question : cette personne est-elle un bon prof ? On se pose cette question absurde : cette personne est-elle française ou non ? Alors même qu'à l'évidence, entre un prof allophone disposant d'une grande expertise de l'enseignement du FLE et un natif sans expérience, il faut évidemment choisir le premier plutôt que le second.

 

 


En réalité, les profs allophones et natifs ont chacun leurs défauts et leurs qualités et, selon l'objectif, il vaudra mieux utiliser l'un plutôt que l'autre. Par exemple, s'il s'agit de dispenser des cours de conversation, le natif se révèle alors imbattable. Il sait mieux que quiconque faire la part entre les phrases qui se « disent en français » et celles qui ne se « disent pas en français ». Il apparaît également comme le meilleur pour expliquer les différents registres de langue. Bref, il est le plus performant en ce qui concerne le français oral et contemporain.

 

 


En revanche, en ce qui concerne d'autres compétences, comme l'enseignement de la grammaire, c'est-à-dire l'explicitation du fonctionnement d'une langue via un métalangage, je ne suis pas du tout sûr que le prof natif soit plus performant que l'allophone.



Et je suis même à peu près convaincu du contraire. Car l'enseignant allophone a un regard sur la langue française beaucoup plus objectif, donc plus à même d'être explicatif, que le prof Français qui restera toujours plus ou moins englué dans sa langue maternelle.

 

 


Et sans même parler de la maîtrise de la langue, les enseignants allophones peuvent faire valoir ce simple fait d'avoir déjà vécus ce qu'ont vécu et ce que vont vivre les apprenants. Ils possèdent donc, par rapport aux profs natifs, l'incomparable avantage d'avoir fait l'expérience d'apprendre le français en tant que L2.



Ils ont par conséquent bien plus de facilité à se mettre dans la peau de leurs apprenants. Ce phénomène étant décuplé si la langue maternelle du prof est identique à celle des apprenants.



Dans ces conditions, l'enseignant peut savoir a priori quelles erreurs les apprenants vont commettre et donc les traiter très en amont. Dans les mêmes conditions, le prof natif sera complètement insensible aux influences de la L1 sur la L2, à moins de maîtriser la langue maternelle des apprenants.Mais ceci n'est pas toujours possible, dans ce cas, le prof natif ne pourra résoudre les problèmes linguistiques des apprenants que plus difficilement.



Ainsi, les profs allophones n'ont donc pas à rougir de leurs compétences, bien au contraire. Et certains employeurs ne devraient ni avoir une si haute opinion des profs natifs, ni une si mauvaise des profs allophones.

 

 


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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 15:37



Je mets en ligne un message de William Charton, du bureau national du collectif FLE/FLS, adressé à toute la profession FLE au sujet de l’affaire du Rhône. Car Alain Régnier, le préfet délégué à l’égalité des chances de cette pourtant si belle région, ne semble toujours pas disposé à écouter les revendications légitimes des profs de FLE et semble plus que jamais enclin à nous mépriser. Nous en sommes aujourd’hui à la pétition. Vous la trouverez juste après le court message de M. Charton que voici :
 

 

 
Bonjour,

Le préfet du Rhône organise depuis 3 mois des formations à la langue française pour les immigrés en situation régulière du département. Le hic : les formateurs recrutés sont des retraités de l’Education Nationale et des agents de la préfecture encore en activité.

Une inquiétante collusion entre travail social et pouvoirs judiciaires de surveillance et de répression, doublée d’une aberration : le recrutement de retraités formés en quatre jours, alors que de nombreux professionnels sont en recherche d’emploi dans cette région, et ont vu leurs candidatures refusées.

Cette affaire semble surtout témoigner d’un réel mépris des immigrés auxquels on n’hésite pas à réserver des prestations au rabais. Où est l’égalité des chances dont on parle tant ?


Le collectif Fle attaque (soutenu par le Collectif Fle Fls) propose ci-dessous une lettre-pétition adressée au préfet du Rhône. Vous pouvez la compléter et lui envoyer à l’adresse suivante :
egalitedeschances@rhone.pref.gouv.fr.

Merci d’ajouter l'adresse fleattaque2@gmail.com en copie carbone (CC) à votre envoi.

Vous pouvez aussi envoyer la lettre par voie postale. Vous pouvez obtenir le fichier word soit en me contactant, soit en contactant les initiateurs de cette action : le collectif Fle attaque

N’hésitez pas à diffuser cette lettre autour de vous.

William CHARTON
Bureau national du Collectif Fle Fls
http://fle-fls.forumpro.fr


 


De M. Mme………………….
Organisme :…………….

A M. Alain Régnier, préfet délégué à l’égalité des chances
Préfecture du Rhône
106 rue Pierre Corneille
69419 Lyon cedex03

………….., le …….. janvier 2008

Monsieur le Préfet,

Lorsque vous avez lancé votre plan d’apprentissage du français pour les étrangers en situation régulière (plan CLEF), avec pour formateurs des fonctionnaires de la préfecture et des retraités de l’Education Nationale, n’ayant ni expérience ni formation dans les disciplines FLE-FLS-Alphabétisation, vous avez été contactés par de nombreux professionnels : collectifs de professeurs, organismes de formation, syndicats. Tous vous ont prié de ne pas mettre davantage en péril une profession déjà fortement touchée par la précarité et le chômage. Tous ont souligné l’importance d’assurer une formation de qualité aux travailleurs étrangers sur notre territoire, gage de leur insertion professionnelle et citoyenne. Tous ont voulu attirer votre attention sur la nécessité, pour toute action d’enseignement, de faire appel à des personnels qualifiés et compétents. Plusieurs vous ont également proposé de vous rencontrer pour vous exposer tous les enjeux de notre profession.


Dans un pays démocratique où l’on en appelle au sens civique et à la responsabilité de chacun, les professionnels d’un secteur doivent avoir leur mot à dire dans l’élaboration d’une réforme qui les concerne et qui pourrait bénéficier de leur expertise. Nous refusons d’adhérer à des mesures qui ignorent délibérément notre volonté de dialogue et de concertation, nos compétences, et notre engagement au service de l’accueil et de l’intégration des migrants.


Nous sommes aujourd’hui indignés de votre mépris. Alors que nous essayons de défendre la qualité de notre enseignement, de mettre notre professionnalisme au service de ceux qui en ont le plus besoin, vous nous accusez de corporatisme. Quelle autre profession se voit accuser de vouloir conserver un monopole (que nous n’avons jamais eu, du reste) quand elle demande simplement à exercer son activité ? Accepterait-on que des volontaires amateurs enseignent à l’école ou à l’université ? A moins que l’idée ne soit de faire totalement disparaître les métiers du FLE – vous qui semblez considérer que l’enseignement du français peut être l’affaire du premier venu et que les immigrés ne sont pas dignes d’une prise en charge professionnelle.


L’enseignement est un métier à part entière dont les exigences doivent être reconnues. Nous affirmons que les immigrés, qui travaillent dans notre pays et participent à son fonctionnement économique, ont le droit d’être considérés au même titre que les nationaux. Ils doivent avoir accès à des formations de qualité, dispensés par des professionnels, qui sauront s’adapter à leurs besoins et contribuer à leur promotion sociale et à celle de leurs enfants.


Vous prétendez initier, à travers cette action, des « passerelles » entre citoyens français et personnes immigrées, en favorisant des situations de communication courante qui n’existeraient pas dans le cadre d’un cours de FLE. Pensez-vous donc que nos cours soient exempts de communication linguistique et culturelle ? Pensez-vous vraiment que nous n’abordons pas la vie quotidienne ? La vie professionnelle ? Que faisons-nous, au juste, si ce n’est permettre à nos élèves de communiquer en français à l’oral et à l’écrit, dans les relations personnelles, professionnelles et administratives ?


En revanche, nous nous inquiétons des « passerelles » entre les instances de contrôle et de répression (recrutement d’agents de la préfecture en exercice pour former au FLE) et les populations immigrées. Cette collusion nous semble totalement contraire à l’indépendance dans laquelle doivent travailler des agents du secteur social ou éducatif. Nous refusons de servir d’agents doubles au service des pouvoirs judiciaires. L’enseignement, l’éducation, les services sociaux doivent rester indépendants et les immigrés ne doivent pas être considérés à chaque instant comme des suspects.


Mais surtout, vous qui prétendez réinventer en quelques semaines notre métier, n’avez-vous pas oublié l’ingrédient le plus important : le positionnement envers le public ? C’est pourtant ce qui différencie, parfois cruellement, le professionnel de l’amateur. Loin de tout paternalisme et de tout néo-colonialisme, le professionnel respecte les étrangers auquel il s’adresse, les considère pleinement comme des alter ego. Pas comme de pauvres gens qui n’auraient besoin, selon le mot de l’une de vos « formatrices volontaires », que de « trois mots de français ». Pour enrichir les contacts entre immigrés et nationaux, pour favoriser l’égalité des chances inscrite dans vos fonctions, mieux vaudrait soutenir des projets de lutte contre les discriminations, contre les préjugés envers ces étrangers auxquels, par ignorance et par condescendance, on refuse un enseignement de qualité.


La seule bonne volonté n’est pas une compétence professionnelle. Confier la formation de ces populations à des personnes non formées, qui en ont parfois une image aussi misérabiliste, est un acte irresponsable et discriminant que nous dénonçons fermement. Le saupoudrage, les formations au rabais et l’amateurisme ont fait suffisamment de mal, dans le secteur social en général, dans celui du FLE-FLS-alphabétisation en particulier. Il est grand temps que l’Etat reconnaisse l’accueil social, linguistique, culturel et professionnel des populations immigrées comme une mission de service public, au même titre et avec les mêmes exigences de qualité et de professionnalisme que pour un public national. La générosité des bénévoles ne saurait faire oublier que le bénévolat et le volontariat ne sont que des pis-aller qui n’existent que par la négligence des pouvoirs publics envers certaines causes.


Nous regrettons vivement que vous ayez refusé nos offres de concertation. Vous signifiez ainsi clairement votre mépris des professionnels du FLE-FLS-Alphabétisation et surtout de leur public, les étrangers qui apprennent le français.


Nous comptons aujourd’hui sur le bon sens des formateurs volontaires, et plus particulièrement sur ceux qui viennent de l’Education Nationale, pour avoir le courage de défendre l’idée d’une spécificité des compétences en matière d’enseignement : pas plus que les mathématiques ou l’Histoire, le FLE et l’alphabétisation ne peuvent s’enseigner sans formation.


Accepter de participer à ce plan, c’est accepter l’idée que n’importe qui peut enseigner n’importe quoi. C’est aussi accepter l’idée que demain, les immigrés n’auront plus un seul professionnel à leur service – eux qui en ont déjà bien peu, faute de financements. Voudriez-vous que l’on laisse à de simples volontaires le soin de former vos enfants et petits-enfants à l’école ? Travailler avec les immigrés, c’est d’abord avoir profondément foi en l’idée qu’ils méritent autant que nous et que nos enfants.


Portés par cette conviction et par le souci de donner aux travailleurs immigrés davantage que les miettes qui tombent de la table des Français, nous demandons :


- Le retrait immédiat du plan CLEF dans la préfecture du Rhône ;
- La reconnaissance des actions de FLE/FLS/Alphabétisation comme relevant d’une mission de service public ;
- La reconnaissance et la valorisation des métiers du FLE/FLS/Alphabétisation : obligation de recruter des professionnels pour exercer ces métiers et aides au financement de leurs postes pour les organismes à but non lucratifs qui les emploient ;
- Le renforcement des budgets alloués à la formation linguistique des immigrés, première condition de leur insertion professionnelle et de leur promotion sociale, et de celles de leurs enfants ;


Nous vous prions d’agréer, Monsieur le préfet, l’expression de notre considération distinguée.

Signature ……………………..
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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 15:57


Voici un article de Carole Bianchi publié dans 20 minutes qui présente la désastreuse suite de l’Affaire du Rhône (Cf. Un Master FLE ? Pour quoi faire ?) :
 

LES COURS DU PREFET CHAHUTES PAR DES PROFS
 
Le dispositif d'apprentissage du français aux étrangers récemment annoncé par la préfecture du Rhône ne fait pas l'unanimité. Basé sur le volontariat de cent trente-sept retraités de l'Education nationale et agents de la préfecture formés depuis hier sur le campus de Bron, ce dispositif « dévalorise » les professeurs diplômés, selon un collectif d'enseignants et le syndicat Rhône-Alpes des personnels de la formation (Syrafor).
 
Ce dernier, affilié à la CFDT, a fait part de ses inquiétudes dans une lettre envoyée hier au préfet, Jacques Gérault. Tout comme le collectif de professeurs de français langue étrangère (FLE) Attaque. « Des professeurs sont formés pour enseigner le français aux étrangers. Nous avons tous entre bac + 4 et bac + 8, alors que les personnes recrutées par la préfecture vont être formées en quatre jours. Notre métier est totalement ignoré », s'indigne Aurélie Tardy, 32 ans, relais du collectif FLE Attaque.
 
Cette professeure qui enseigne depuis 1999 dans le Rhône explique par ailleurs que sa profession, où les vacations sont nombreuses, reste très précaire et méconnue. « Pour une fois qu'un projet était mis en place, nous ne sommes pas sollicités. C'est dévaloriser le diplôme que les étrangers obtiendront à la fin », poursuit-elle.
 
« Cette position n'est pas fondée, assure Alain Régnier, préfet délégué pour l'égalité des chances qui a participé à l'élaboration du dispositif. Les enseignants ne vont pas être lésés, car ils seront davantage sollicités pour faire passer les épreuves du diplôme. » Il explique d'ailleurs vouloir travailler main dans la main avec les six organismes de formation du département, qu'il doit rencontrer aujourd'hui. »
  
Alors que conclure après ce nouvel épisode ? Eh bien que malgré la mobilisation des profs de FLE, le préfet délégué Alain Régnier continue de se foutre de nous puisqu’il nous assure que nous ne serons pas « lésés, car [nous serons] davantage sollicités pour faire passer les épreuves du diplôme. » Je suis vraiment rassuré.

Cependant, juste une question : les profs de FLE ne sont-ils là QUE pour faire passer des examens ? Ou bien est-ce que, si ça ne dérange pas trop, on pourrait donner aussi quelques cours ? Quant aux retraités de l’Education Nationale et de la préfecture, puis-je suggérer qu’ils aillent tranquillement en retraite au lieu de nous piquer notre boulot !
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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 09:37


A ma connaissance, il y a trois possibilités :
 

1/ LE CONTRAT DE LA FONCTION PUBLIQUE
 
Vous êtes un prof certifié (Capes) ou agrégé. Et vous êtes détaché de l’Education Nationale pour être rattaché au Ministère des Affaires Etrangères. C’est très avantageux si on obtient ce type de poste car le salaire est multiplié par un coefficient calculé selon le coût de la vie locale. Je crois que le salaire est au minimum multiplié par 1,5 ou quelque chose comme ça.
 

Ca a l’air plutôt cool comme ça, mais en réalité, il ne semble pas y avoir beaucoup de profs partant à l’étranger. Premièrement parce que les profs qui obtiennent un poste en France ne voient pas l’utilité de s’expatrier. Rappelons que le Français est très casanier par rapport à d’autres peuples comme les Anglo-Saxons par exemple. Et puis ajoutez à cela que bon nombre de profs se marient avec d’autres profs, du coup, il devient difficile de partir à deux.
 

Deuxièmement parce que ces profs coûtent très chers et sont incompétents en ce qui concerne le FLE. Donc, du point de vue de l’Etat, c’est une mauvaise main d’œuvre aux émoluments dispendieux, alors même qu’il y a tout un vivier de jeunes étudiants compétents, motivés et labellisés « Master FLE » qui acceptent de travailler pour un salaire de misère. Pourquoi engraisser des fonctionnaires quand on peut exploiter les petits jeunes ?
 

Toutefois, on en trouve encore un certain nombre, particulièrement des profs du primaire semble-t-il, qui sont à la tête d’Alliance française ou qui ont une part active dans les Centre Culturel Français. Mais à présent, avec notre cher président Sarkozy et la défonctionnarisation de la fonction publique mise en œuvre, il va y avoir pas mal de non renouvellements de postes dans ce secteur qui seront remplacés par des statuts plus précaires. En l’occurrence, le contrat en question sera sans doute le CRSP :
 


2/ LE CONTRAT RECRUTE SUR PLACE (CRSP)
 
C’est un contrat de 2 ans renouvelable une fois un an, donc au total, il peut durer au maximum 3 ans. Mais ça, c’est sur le papier car après, sur le terrain avec les bons pistons, il y a toujours moyen de rester plus longtemps. Ce type de contrat offre un salaire correct par rapport au coût de la vie locale. Et comme l’indique son nom, vous êtes recruté sur place, c’est-à-dire que vous êtes censé être resté au moins 3 mois dans le pays en question avant de pouvoir y travailler. Là encore, les ambassades contournent le problème en tamponnant votre passeport avec la date d’arrivée adéquate sur le territoire.
 


3/ LE CONTRAT LOCAL
 
Vous êtes payé comme tout le monde dans le pays où vous travaillez. Si vous êtes aux Etats-Unis, vous êtes payé comme un Américain. Si vous travaillez en Roumanie, vous êtes payé comme un Roumain. Alors que préférez-vous ? Etre payé à l’américaine ou à la roumaine ?
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 12:36

 



La création de l’Alliance Française remonte à loin : 1883 ! A l’époque, il s’agissait de propager la langue française dans les colonies. C’est grâce à cette ancienneté que les Alliances sont présentes dans environ 145 pays aujourd’hui. Ce sont des organismes qui tiennent à la fois du public et du privé.
 

Côté public, c’est le gouvernement qui nomme le Secrétaire Général des Alliances Françaises à Paris, c’est-à-dire le Big Boss de toutes les Alliances Françaises. Cela permet à l’Etat, dans une certaine mesure, de s’assurer du bon respect d’une certaine politique.

Par ailleurs, ce sont des associations loi 1901, c’est-à-dire à but non lucratif. Mais comme elles sont déclarées d’utilité publique, elles touchent de l’argent de la part de l’Etat français. Et si elles sont reconnues d’utilité publique par le pays étranger, rebelote, mais dans ce cas, elles ne reçoivent pas nécessairement de la monnaie sonnante et trébuchante, ce peut être de l’immobilier à prix avantageux.

 
Côté privé, elles récoltent évidemment l’argent des cours. Par ailleurs, l’Alliance Française a la particularité de fonctionner sous le droit local. Cette situation permet une indépendance vis-à-vis de l’Etat français. Ainsi, dans le comité d’une Alliance Française, il y a un Président, un Vice-Président, un Secrétaire, un Trésorier et bien sûr des membres. Toutes ces personnes ont la nationalité du pays en question. Seul le Directeur des cours sera éventuellement français car lui est compétent (ou considéré comme compétent) sur le terrain pédagogique contrairement aux autres.

 
Cette organisation très souple explique pourquoi on trouve des Alliances indifféremment dans des démocraties ou des régimes autoritaires, voire dictatoriaux, genre la Chine où vous pouvez trouver à l’Alliance le professeur Tsang qui ne parle pas un mot de français, mais qui parle suffisamment chinois pour rapporter fidèlement tout ce que vous faites aux membres du parti.

 
Zài jiàn !
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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 08:57



Aujourd’hui, un peu d’humour. Voici une dépêche AFP qui vaut son pesant de cacahuètes et qui va donner envie à tous de dépenser du temps, de l’argent et de l’énergie dans une formation FLE :

 

 

Dépêches AFP

LYON, 11 oct 2007 (AFP) Le département du Rhône propose une formation au français pour les immigrés

La préfecture du Rhône a annoncé jeudi le lancement d'un plan d'apprentissage du français pour les étrangers du département, qui devrait permettre de former 6.000 personnes par an.

Ce plan, qui sera mis en oeuvre début 2008, "est une expérience pilote en France à la fois par le nombre d'étrangers concernés, 6.000 par an, et par la formalisation du dispositif sur tout le département", a indiqué à l'AFP une responsable de la préfecture.

Le programme, d'un budget de deux millions d'euros pour 2008, devrait permettre de former chaque année 4.000 étrangers "primo-arrivants", ainsi que 2.000 étrangers anciennement installés, tous en situation régulière.


D'une durée de 38 heures, cette formation permettra de conduire les stagiaires au niveau du Diplôme initial de langue française (DILF).


Créé en 2006, ce diplôme officiel du ministère de l'Education nationale valide un niveau de maîtrise de base du français comme comprendre des informations simples à l'oral ou à l'écrit, ou être capable de demander un prix ou d'indiquer un problème de santé.


Les 150 formateurs seront des fonctionnaires volontaires issus de la préfecture, des retraités de l'Education nationale et des bénévoles associatifs. Ils seront rémunérés 25 euros brut par heure de cours.


Selon la préfecture, 170.000 étrangers en situation régulière vivent actuellement dans le département du Rhône.


Voici la preuve éclatante, s'il était encore besoin de le prouver, que le FLE n'est absolument pas reconnu en France et qu'on préfère donner les cours à des retraités incompétents de je ne sais quelle préfecture plutôt qu'à des professionnels comme nous.

 
 
 
 
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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 08:42


Ca c’est le plus drôle car la réponse est « Non ! ». Cette situation s’explique par le fait que certains de nos employeurs préfèrent prendre un Français sur place, même s’il n’a pas d’expérience de FLE, plutôt que de faire venir un prof expérimenté de France ou d’ailleurs. Ceci étant renforcé par un préjugé qui a la vie dure voulant que pour être prof de français, il suffit juste d’être Français ! Ce qui est loin d’être évident. Je cite un commentaire de Plume pris sur un forum d’Edufle :
 

« Je donne des cours de français à des demandeurs d’asile : ce métier me passionne j’ai différents groupes de niveaux et j’organise les cours comme bon me semble. J’ai réussi à décrocher ce CDI il y a 4 ans sans maîtrise fle sans même avoir à écrire une lettre de motivation... !! C’est vraiment une chance il me semble, car j’en connais beaucoup qui galère (malgré le fait d’être diplômés !!!!)
 
Moi, j’ai commencé bénévolement (comme quoi, le bénévolat mène à tout !! ) : 4 heures par semaine puis en CES : 20 h dont 7 de préparation de cours et 13 h de cours effectifs. Puis le CDI pour une association qui gère un CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile) je fais actuellement 10 h 30 par semaine j’espère pouvoir passer à 17h30 d’ici quelques mois.
 
J’ai au départ une licence en droit (et un niveau maîtrise de droit) et je suis passionnée par les autres cultures et les langues étrangères. ... j’ai bien essayé de m’inscrire en fle mais ... pfff !!! Trop (beaucoup trop !!!) théorique à mon goût pour une personne qui débute et qui a besoin d’expérimenter un savoir-faire concret !!
 
Bref, j’ai tenu quelques mois et j’ai abandonné je regrette pas : mon énergie est ailleurs pour l’instant. Je m’y remettrai peut-être dans l’avenir si j’en ai un réel besoin... »

Moralité : l'essentiel en FLE n'est pas tant le diplôme que d'être là au bon moment au bon endroit.



Sur le même thème, je vous renvoie aux billets de la rubrique :
FLE ? Questions fréquentes (deuxième encadré en haut à droite sur cette page).
 
Ainsi, sur le thème de la formation en FLE, vous pouvez lire :
Comment devenir prof de FLE ?
 
Sur le FLE en France :
Puis-je enseigner le FLE en France ?

 
Deux articles sur la désormais célèbre « Affaire du Rhône » :
 
Sur le FLE à l’étranger :
Quels contrats pour les FLE à l’étranger ?
Enfin, pour avoir d’autres points de vue que le mien, vous pouvez consulter la page de fle.fr consacrée à la formation en FLE :
La formation à l'enseignement du français langue étrangère





 
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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 09:47


C’est assez difficile car le FLE bénéficie d’une absence de reconnaissance assez remarquable de la part de l’éducation nationale. C’est bien connu, lorsqu’un prof de FLE décline sa profession, on lui répond toujours « Prof de quoi ? ». Toute personne raisonnable vous dira qu’il faut mettre en place un Capes de FLE car les besoins sont réels.
De nombreux étrangers viennent s’installer en France et réclament des cours de FLE, particulièrement pour leurs enfants. Or, jusqu’à présent, ces cours ont toujours été pris en charge par des profs de français classique. Autant dire que le premier cours est consacré à l’accord du participe passé avec avoir alors que les élèves ne savent même pas dire bonjour. Voici le témoignage paru sur Edufle de Virginie, prof d’histoire-géo qui rencontre le problème :
 

« Bonjour, Je suis actuellement professeur d’histoire-géographie, et je m’intéresse au FLE pour une raison très précise : beaucoup des parents de mes élèves, et notamment les mamans, ne maîtrisent pas bien le français. Ils ne peuvent donc pas les aider à l’école, et bien souvent n’y mettent jamais les pieds, ne se présentent jamais aux réunions parents / professeurs... J’envisage donc de faire du bénévolat pour donner des cours aux migrants. Pouvez-vous me conseiller une formation (courte si possible, je travaille à plein temps !) qui me donne les bases de la didactique du FLE, et qui soit adaptée à ce public spécifique ? De +, si ça se passe bien, savez-vous si l’éducation nationale peut me détacher quelques heures par semaine dans une asso ou une collectivité territoriale ? Merci ! »
 

On voit ici le problème du FLE en France dans toute sa splendeur. Virginie souhaite donner des cours bénévolement ainsi que suivre une formation en FLE « courte si possible » parce qu’elle « travaille à plein temps ! ». Bien que je sache pertinemment que telle n’est pas son intention, il est difficile pour les profs de FLE de ne pas prendre ce genre de déclaration comme une grande marque de mépris.
Car cela semble suggérer qu’il existerait des disciplines nobles comme l’histoire nécessitant au moins une licence, et le plus souvent une maîtrise, ainsi qu’un capes ou une agrégation pour pouvoir être enseignées. Et à côté, il existerait des sous-disciplines comme le FLE qui pourraient tout à fait se satisfaire d’une formation « courte » et du bénévolat.
 

Mais que dirait Virginie si, en arrivant un beau matin dans son établissement, elle me trouvait dans sa classe d’histoire-géo et que je lui dise : « Ah ? On t’a pas prévenue ? En fait, j’ai suivi une formation courte pour être prof d’histoire-géo. Maintenant, je suis prêt et je te remplace, et ce à titre bénévole. Donc c’est bon, on n’a plus besoin de toi. Je suppose que tu es contente, parce que maintenant que tu n’es plus à plein temps, tu vas pouvoir te lancer à corps perdu dans une formation de FLE aussi longue que tu le souhaiteras. Plutôt cool non ? »
Sans doute qu’elle serait un peu énervée, eh bien, nous aussi, on est un peu énervés quand on voit des gens faire notre boulot sans formation et bénévolement. Mais le pire dans l’histoire, c’est que je ne peux même pas lui en vouloir parce qu’elle ne fait qu’un geste humain que je ferais sans doute moi-même si j'étais dans sa situation.
 

J’ai une autre anecdote, il se trouve que j’ai fait un stage dans une association ayant pour particularité de rassembler exclusivement des profs à la retraite. Eh bien figurez-vous que ces profs donnaient des cours de FLE parce qu’ils s’ennuyaient à la maison ! Je l’invente pas. Et encore, dans les cas que je cite ici, les gens ont au moins le bon goût d’être profs, parce que vous avez des structures où les bénévoles ne le sont même pas.
 

Donc voilà, en France, le FLE est ou bien un geste humanitaire prodigué bénévolement et par bonté d’âme ou bien un passe temps de retraités en mal d’activités. Comment voulez-vous que les profs de FLE sortent vainqueurs d’une concurrence que même les Chinois ne pourraient pas affronter, parce que même les Chinois travaillent pour un salaire, fût-il de misère !
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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 15:21


Avant même de se demander « Comment devenir prof de FLE ? », il faut sérieusement se poser la question « Pourquoi diable être prof de FLE ? »
 
 
 
POURQUOI DIABLE ETRE PROF DE FLE ?
 
Principalement pour mêler le plaisir du voyage à l’utilité d’un emploi, le premier primant sur le second. Il est si agréable de voyager qu’on accepte d’être payé avec des queues de cerises, du moins entre 20 et 30 ans, parce que après, on en est un peu fatigué de la précarité et on s’en retourne en France pour passer un capes la plupart du temps. A moins bien entendu d’être tombé sur un emploi à peu près convenable. Certaines légendes urbaines rapportent effectivement que des profs de FLE auraient trouvé un emploi stable. Pour ma part, je n’en ai pas encore rencontré.
 
 
 
COMMENT DEVENIR PROF DE FLE ?
 
Il faut suivre une formation FLE qui ne commence véritablement qu’en master, soit à partir de bac plus 4 et d’une durée de 2 ans. Certaines filières, comme les Lettres et les Langues étrangères, proposent une option FLE en licence. En revanche, l’arrivée en Master FLE ne se fait pas automatiquement. Il faut constituer un dossier et passer un entretien pour être accepté. Vous pouvez effectuer des validations d’acquis si vos études d’origine n’ont rien à voir avec le FLE. Enfin, notez que vous pouvez obtenir votre diplôme par correspondance avec le CNED.
 
Dernier point, levons une petite ambiguïté : les cours dispensés dans le cadre d’un master FLE ne vise pas tant à former des profs qu’à former des formateurs de profs. Saisissez-vous la différence ? Les profs des masters étant des didacticiens, ils enseignent évidemment la didactique. Ils forment donc non des profs mais des didacticiens qui vont former des profs, c’est-à-dire des gens qui, en théorie, doivent prendre leurs relèves à l’université et ainsi devenir formateur de formateurs de profs !
 
 
 
EST-IL POSSIBLE D’INTEGRER LE MASTER FLE SANS AVOIR FAIT LETTRE ?
 
Oui. Même si le gros des troupes vient des lettres et des langues étrangères, il est possible, via une validation d'acquis, de rentrer en master fle si on n'a pas suivi ce genre de filière. Il faut donc constituer un dossier et être particulièrement convaincant sur sa motivation lors de l'entretien. Toutefois, tout cela dépend des universités. J’ai malheureusement l’impression qu’il n’existe aucune norme en la matière.
 
 
 
COMMENT DEVENIR PROF DE FRANÇAIS DANS UN PAYS EN PARTICULIER ?
 
Une amie à moitié Espagnole était dans ce cas. Elle désirait vivre en Espagne tout en étant prof de français. Elle a trouvé la solution : passer un concours pour être prof de français en Espagne. Se faire embaucher par des établissements scolaires du pays visé est effectivement le plus sûr moyen d’y rester. Mais ce n’est pas toujours évident car, malgré les réformes LMD, c’est-à-dire la réforme de l’université visant à harmoniser les diplômes européens, il faut encore passer des diplômes locaux si on veut s’intégrer au pays durablement.
 
 
 
Où TROUVER LES OFFRES D’EMPLOI ?
 
Voici les principaux sites Internet où les petites annonces sont publiées régulièrement :
 
 
 
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